Floris Delattre

Résumé

Floris Delattre Le verger défleuri... (1905)

J'ai quitté les sentiers étroits de ma jeunesse Où mon cœur imprécis buissonna trop longtemps Parmi les fleurs de songe et de lâche paresse...
Devant moi s'ouvre la grand'route infiniment, Frissonnante d'aurore, et de l'activité Des laboureurs qui s'en retournent vers leurs champs Et leur grave travail quotidien et fort ;
La nuit a rafraîchi la vigueur de leur corps ;
Et chacun, dans l'émoi du printemps revenu,
Sent vibrer, en son cœur sonore et ingénu,
En son cœur ignorant des faiblesses du rêve, Comme une saine odeur de travail et de sève.
Source : Gallica

Floris Delattre Le verger défleuri... (1905)

Les étendards claquaient au vent ; mais leur armure, Exacte et roide, leur semblait parfois peser Trop lourde, quand leur cœur, sous le pourpoint de bure, S'enflait de l'espoir du retour, et d'un baiser.
J'avais longtemps rêvé de victoires pareilles Sur l'obscur Inconnu, et j'avais entrepris Un voyage à travers l'océan de l'Esprit ;
Mais les flots sont ce soir si déserts alentour Du vaisseau de silence et morne que s'éveille En moi le clair désir de l'escale d'amour.
AU JARDIN
Le crépuscule flotte au jardin solitaire
Source : Gallica

Floris Delattre Le verger défleuri... (1905)

Je suis de ces enfants crédules que leur mère A si longtemps gardés près d'elle et caressés Que le monde leur est un pays de chimère ;
En mon cœur, pâle encor du candide passé Et haut muré dans sa pudeur fervente et douce, La lumière assiégeante a peine à se glisser ;
On dirait un verger aux hésitantes pousses Traversé du frisson des nids, dont le réveil Est lent comme une fleur qui éclôt sous la mousse ;
Mais dans cette aube, trouble encore de sommeil, On pressent la flambée approchante et l'ivresse Du midi, où bientôt la Terre et le Soleil
S'uniront en leur claire étreinte d'allégresse.
Source : Gallica

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