“ Et toi, cœur consumé par l’implacable feu, De ta cendre, une fleur peut-elle naitre encore !’ Vas-tu t’épanouir, à la gloire de Dieu, Dans un amour céleste et pur comme l’aurore ? LE LAURIER Alentour, le soleil flambe, le vent halète ; Ici, des arbres verts bravent l’été de feu ; Voici de l’herbe, un chant de source, un miroir bleu. Embaumé par la menthe et par la violette. Ce n’est pas pour l’eau vive où le ciel se reflète, La couche de gazon qui semble attendre un dieu. ”
Citations de Revue des Deux Mondes (Véga)
“ Le ciel n’est pas si loin que le croit ta détresse Quand tu trembles parmi les ombres que tu vois S’amasser, lourd fardeau de brume qui t’oppresse ; Il nous entoure, il est dans nos âmes parfois Où, fugitif rayon de la gloire divine, Resplendit un regard, retentit une voix. Il est dans le salut de l’aube à la colline, Dans l’ardente splendeur du couchant sur la mer Quand le rouge soleil vers l’Océan décline. C’est le reflet de sa beauté qui te rend cher L’univers passager dont la nuit t’emprisonne, Le monde douloureux où ton sort est amer. ”
“ Chaque herbe salutaire au philtre exquis et fort, Le nombre et le pouvoir mystérieux des sources, La fleur d’espérance qui dort Sous les feuilles de l’été mort ? Lorsque la mer splendide à nos pieds se déroule, Songeons-nous, enivrés de soleil et de vent, Aux biens vite engloutis qu’abandonne à la houle Le vaisseau qui va dérivant, Perdu sur le gouffre mouvant ? Savons-nous ce qui gît sous le voile de l’onde, Cloches d’argent, galions d’or, perles sans prix, Flottes, palais, cités où vécut tout un monde, Jardins où des récifs fleuris Veillent autour de corps meurtris ? ”
