Anna de Noailles,
Les Éblouissements
“ Attirer dans ses bras, sur le cœur qui s’entr’ouvre, Le prolongement noir et glorieux du Louvre, Et pleurer de plaisir, d’ardeur, tendre ses mains À la ville du rêve et de l’effort humains, Goûter, les yeux fermés, comme on goûte une pêche, L’odeur du peuplier, du sorbier ; l’ombre fraîche Qui dort paisiblement comme l’eau sous un pont, Sous le feuillage étroit des vernis du Japon ! Toucher, quand la chaleur aux cieux s’est attardée, Le fusain, le cytise et l’arbre de Judée Soupirant chaque soir au jardin court et clos Qui s’avance, sur le trottoir, comme un ilôt ”
