Monique Haberer

Résumé

Monique Haberer Enfants des collines (1978)

C'est un début d'hiver brumeux. On attend la neige. On se tient chaud.
Patrick est revenu un jour avec Mari e-France. Il est amoureux, la maison s'en trouve toute réchauffée. Je chiale, je ris, je soigne Gerry malade comme une mère son gosse, je prépare mon sourire d'adieu. Je me sens forte, je ne suis qu'une montagne de verre en dedans.
Pépé m'appelle pour fumer une pipe. Je monte. J'oublie. J'ai sa complicité comme un noeud qu'on fait dans
son mouchoir, en secret.
Source : Gallica

Monique Haberer Enfants des collines (1978)

Moi je peux que la regarder, et puis mon coeur se serre. Il faut pas la toucher, elle est porcelaine. Surtout pas la toucher.
Un jour je l'ai cassée peut-être. Elle s'appelle Michèle ou Sylvie, et puis Marie France ou Danielle. Elle s'appelle surtout Rose ou Jasmin, Camomille. Et puis Coquelicot.
Je suis Narcisse, je suis seule et inaccessible au sommet de mon arbre. Seule avec la nuit. Je suis sans mystère. J'oublie de respirer. Je me prends par la main, je m'emmène au milieu des buissons, je me fais l'amour en écoutant la pluie. Je me joue le grand jeu de la solitude, je
suis nue.
Source : Gallica

Monique Haberer Enfants des collines (1978)

Ça a été un enchantement, rien ne me laissait prévoir ça, j'étais pas d'humeur spécialement gaie...
Dans la forêt, il n'y avait plus un bruit. Je me suis dit - enfin la solitude - et toc, je les ai vus autour de moi : une dizaine d'écureuils qui se cavalaient après avec des petits cris pareils à des rires, une vraie valse, une fête folle. C'est comme ça que le vide s'est fait dans ma tête, j'avais plus qu'une furieuse envie de rire... Je suis arrivée au restaurant, la tête pleine de petits écureuils roux et bruns, j'ai demandé un café crème
et un croissant.
Source : Gallica

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