Marthe Fiel

Résumé

Marthe Fiel La Fille du mineur

Marius serra les mains avec cordialité et s’en alla majestueusement.
Terla, sur sa chaise, ne disait pas un mot.
— C’est un joyeux garçon, ce Marius, dit Mme Aumil.
— Il ne me semble pas avoir beaucoup de choses dans la tête, murmura Louis tourmenté.
— Oh ! ce n’est pas le même genre que chez nous, répliqua Mme Aumil. Les gens nourris de soleil ont le cerveau tout gai. Nous autres, à force de voir nos maisons noires, nous devenons moroses moroses.
— Oui, ce n’est pas toujours amusant, soupira Léone.
— C’est le contentement intérieur qui donne le sourire, dit Louis.
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Marthe Fiel La Fille du mineur

J’aime mon pays, répliqua-t-il d’une voix sourde, et j’aime la mine. Il me semble que j’y suis plus utile que n’importe où ailleurs. Ne sommes-nous pas ceux qui créent les usines et enrichissent le monde ? Que ferait-on sans charbon ? À chacun de mes coups de pic, je me dis : grâce à nous, les chemins de fer vivent, les fabriques subsistent, les hommes profitent tous de notre travail. Quitter la mine, ce serait déserter. Comment jouir du soleil, quand on abandonne son devoir !
Les derniers mots furent lancés par Louis comme un reproche et Léone baissa la tête, comme s’il lui était adressé.
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Marthe Fiel La Fille du mineur

Eh ! pechère ! je la vois ! elle s’avance comme une princesse au milieu de ses sujets qui penchent le front sur son passage.
— Tu as de l’imagination ! interrompit Flore.
— Eh ! tu ne sais donc pas que c’est le don de mon pays ? En venant au monde, les enfants en portent la bosse et, dès qu’ils peuvent parler, c’est pour dire une galéjade.
Marius se rengorgea.
— Tu es un brave garçon ! conclut Flore, amusée. Elle se réjouissait de relater cette conversation à Léone. Les fiançailles se nouaient, Marius étant tout à fait épris.
L’heure de descendre dans la mine arriva.
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