Résumé

Portrait de Jules Lemaître Jules Lemaître Poésies de Jules Lemaître : Les Médaillons… (1896)

Toutes les fois qu'une de vous, Vierges dont j'adore la grâce, Vêt sa robe de noce, et passe Aux mains avides d'un époux,
Mon âme envieuse est saisie D'un chagrin qui n'a rien d'obscur ; C'est un mal cruel, à coup sûr, Et c'est bien de la jalousie.
Au fond, nos désirs jamais las Ont soif d'infini. Plus de doutes : Jeunes filles, je vous veux toutes, Et c'est stupide, n'est-ce pas?
Les yeux secs et la bouche close, J'étouffe dans mon coeur plaintif Un Don Juan candide et craintif Qui voudrait pleurer et qui n'ose.
Source : Gallica

Portrait de Jules Lemaître Jules Lemaître Poésies de Jules Lemaître : Les Médaillons… (1896)

J'ai, craintif et frôlant à peine La fleur au fragile satin, Respiré sa première haleine, Ses parfums légers du matin.
A froisser ses tendres pétales Lourdement, d'un baiser trop chaud, L'odeur, sous des lèvres brutales, D'abord s'exalte, et meurt bientôt.
J'en ai redouté l'aventure. Je savais qu'on n'a rien trouvé De mieux, sur cette terre impure, Qu'un bel amour inachevé.
Je garde la fierté secrète D'avoir, éphémère vainqueur, Ému ta candeur inquiète Et, le premier, rempli ton coeur.
Source : Gallica

Portrait de Jules Lemaître Jules Lemaître Poésies de Jules Lemaître : Les Médaillons… (1896)

Alceste est un bourru dont l'humeur noire amuse : Oui, mais c'est un grand coeur qu'une coquine abuse ; C'est un coeur héroïque, amoureux d'idéal, Et qui souffre de voir le mensonge et le mal. Un grotesque doublé d'une bête féroce, C'est Tartuffe. Don Juan est charmant,mais atroce; Et Béline saurait, si vous changez son nom, Servir à l'empereur son dernier champignon.
Car ce qui fait aux yeux surgir la tragédie,
Ce n'est point une phrase épurée, arrondie,
Ni le marbre « pompeux » d'un portique royal,
Ni le sang, le poison, et « le poignard fatal ».
Source : Gallica

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