“ Le docteur, Pierre et Luigi, mêlés à la foule des spectateurs, ne perdaient pas de vue leurs deux compagnons. Non ! Cap Matifou n’était pas rouillé. Il n’avait rien perdu de sa force prodigieuse. Tout d’abord, les épaules de cinq ou six des plus robustes Arabes, qui s’étaient risqués à lutter avec lui, avaient touché le sol. Puis, ce furent des jongleries qui émerveillèrent les arabes, surtout lorsque des torches enflammées s’élancèrent des mains de Pointe Pescade aux mains de Cap Matifou en croisant leurs zig-zags de feu. ”
Cap Matifou
Définition et enjeux
Citations sur “Cap Matifou”
“ On le sait, Pointe Pescade, c’était un élément de gaieté introduit à bord, — avec l’agrément du docteur, cela va sans dire. Si Cap Matifou demeurait sérieux comme un cabestan dont il avait la force, Pointe Pescade riait et chantait toujours, vif comme la flamme d’un navire de guerre dont il avait la légèreté. Quand il ne courait pas dans la mâture, à la grande joie de l’équipage auquel il donnait des leçons de voltige, adroit comme un matelot, agile comme un mousse, il l’amusait par ses interminables saillies. Ah ! le docteur Antékirtt lui avait recommandé de garder sa bonne humeur ! ”
“ « Mille diables ! s’écria Pointe Pescade. Il nous le faut vivant !... Empoigne, Cap Matifou, et tiens bon ! » Mais tous deux n’avaient pas fait vingt pas qu’ils virent un homme apparaître sur la droite du sentier, se glisser le long du talus entre les touffes de lentisques et de myrtes, et ramper de manière à atteindre la roche sur laquelle se tenait Silas Toronthal. C’était Sarcany. « Eh ! pardieu, s’écria Pointe Pescade, il va sans doute donner un coup de main à son associé pour l’envoyer de ce monde-ci dans l’autre !... Cap Matifou, à toi l’un... à moi l’autre ! » ”
Jules Verne,
Mathias Sandorf
(1885)
“ « Peut-être eût-il été préférable que Cap Matifou portât la mule, au lieu que la mule portât Cap Matifou! ”
“ De cette force surhumaine, on aurait pu rapporter d’autres preuves : celles-ci suffisent à faire comprendre non seulement la vigueur de Cap Matifou, mais aussi son courage et son dévouement, puisqu’il n’hésitait jamais à risquer sa vie, lorsqu’il s’agissait de venir en aide à ses semblables. C’était donc un être bon autant que fort. Toutefois, pour ne rien perdre de ses forces, comme le répétait Pointe Pescade, il fallait qu’il mangeât, et son compagnon l’obligeait à manger, se privant pour lui, quand il n’y en avait que pour un et même pour deux. ”
“ Dès leur arrivée à Antékirtta, Pointe Pescade et Cap Matifou avaient fait visite à Maria et à Luigi Ferrato ; puis, ils s’étaient présentés chez quelques-uns des notables d’Artenak. Partout on leur fit bon accueil, car partout ils s’étaient fait aimer. Il fallait voir Cap Matifou, dans ces circonstances solennelles, toujours un peu embarrassé de son énorme personne qui encombrait un salon à elle seule ! ”
Jules Verne,
Mathias Sandorf
(1885)
“ Vous figurez-vous, monsieur le docteur, un pitre, une queue rouge, un farceur de tréteaux, qui serait d'humeur chagrine! Mais il recevrait plus de pommes en une heure qu'il ne pourrait en manger dans toute sa vie ! Oui! je suis très gai, extrêmement gai, c'est convenu! — Et Cap Matifou? — Oh! Cap Matifou est plus grave, plus réfléchi, plus en dedans! répondit Pointe Pescade en donnant à son compagnon une bonne petite tape d'amitié, comme on fait à l'encolure d'un cheval que l'on caresse. ”
“ Un nouveau cri, jeté par le docteur, fit venir à lui le patron de l’embarcation restée invisible. Sur un signe, Cap Matifou descendit le revers des roches et se disposa à mettre le pied dans le canot. À ce moment, le douanier s’approcha, et, comme l’embarquement allait se faire : « Qui êtes-vous ? demanda-t-il. — Des gens qui vous donnent à choisir entre vingt florins comptant et un coup de poing de monsieur... aussi comptant ! » répondit Pointe Pescade, en montrant Cap Matifou. Le douanier n’hésita pas : il prit les vingt florins. « Embarquons ! » dit le docteur. ”
“ Dix minutes après, pendant que la lutte continuait de part et d’autre, Cap Matifou reparut, poussant devant lui une grosse boule de neige. Puis, au milieu des blocs que les marins continuaient à précipiter sur les assaillants, il lança cette boule, qui roula sur le talus, passa à travers la bande de Zirone, et s’arrêta, cinquante pas en arrière, au fond d’une petite dépression de terrain. Alors, à demi-brisée par le choc, la boule s’ouvrit et donna passage à un être vif, alerte, « quelque peu malin » comme il le disait de lui-même. C’était Pointe Pescade. ”
Jules Verne,
Mathias Sandorf
(1885)
“ « C'est à ne pas le croire ! répétait Pointe Pescade. — Qu'est-ce qui n'est pas à croire? demandait Cap Matifou. — Que tu es devenu un bon gros rentier, mon Cap! Décidément, il faudra que je pense à te marier ! — Me marier ! — Oui. avec une belle petite femme! — Pourquoi petite? — C'est juste!. Une grande, une énorme belle femme!. Hein! Madame Cap Matifou!. Nous irons te chercher ça chez les Patagones! » Mais, en attendant le mariage de Cap Matifou, auquel on finirait bien par trouver une compagne digne de lui, Pointe Pescade s'occupait du mariage de Pierre et de Sava Sandorf. ”
“ Le docteur, Pierre, Luigi, Cap Matifou, se jetèrent vers la porte, en ayant soin de rester dans l’ombre. En effet, un homme, courant comme un chamois, gravissait la coulée de vieilles laves qui aboutit au plateau. Il était seul, et en quelques bonds, il tomba dans des bras qui lui étaient ouverts, — les bras de Cap Matifou. C’était Pointe Pescade. « Vite !... vite !... à l’abri, monsieur le docteur ! » s’écria-t-il. En un instant, tous furent rentrés dans la Casa Inglese, dont la porte se referma aussitôt. ”
“ Pointe Pescade en fut donc réduit à annoncer que, faute d’amateurs, le combat aurait lieu entre Cap Matifou et lui. Oui ! « l’adresse se mesurant avec la force ! » « Entrez donc ! Entrez donc ! Suivez le monde ! répétait en s’époumonant le pauvre Pescade. Vous verrez là ce que vous n’avez jamais vu ! Pointe Pescade et Cap Matifou aux prises ! Les deux jumeaux de la Provence ! Oui... deux jumeaux... mais pas du même âge... ni de la même mère !... Hein ! comme nous nous ressemblons... moi surtout ! » ”
“ Monsieur le docteur, répondit Pointe Pescade, qui commençait à reprendre un peu d’assurance, vous êtes bien bon, et cela n’en valait pas la peine. Mon camarade n’a fait que ce que tout autre eût fait à sa place, s’il avait eu sa force. N’est-ce pas, Cap Matifou ? ”
“ « Je te trouve engraissé, mon Cap ! disait-il en se haussant pour tâter la poitrine de l’Hercule. — Oui... et toujours solide ! — Je m’en suis aperçu à ton accolade. — Mais, la pièce dont tu me parlais ?... demanda Cap Matifou, qui tenait à son rôle. — Elle marche, elle marche !... Vois-tu, c’est que l’action est très compliquée ! — Compliquée ? — Oui !... Ce n’est point une comédie, c’est un drame, et le début est même très empoignant ! » Pointe Pescade se tut. Un coupé, mené rapidement, venait de s’arrêter devant l’hôtel du Stradone. ”
Jules Verne,
Mathias Sandorf
(1885)
“ Et, libre maintenant, il dévalait les sentiers du massif en gagnant du côté de Cassone. Il était alors minuit et demi. A ce moment, le docteur, ne voyant plus Pointe Pescade, craignit qu'il ne fût blessé. Il l'appela. « Parti! dit Cap Matifou. — Parti ? — Oui!. pour aller chercher du secours! — Et comment? — En boule ! » Cap Matifou raconta ce que Pointe Pescade venait de faire. « Ah! le brave garçon!. s'écria le docteur. Du courage, mes amis, du courage!. Ils ne nous auront pas, ces bandits! » Et les quartiers de roches continuèrent à rouler sur les assaillants. ”
Jules Verne,
Mathias Sandorf
(1885)
“ On peut l'avouer, puisque cela est, ces deux pauvres diables se sentaient quelque peu émus, pour ne pas dire un peu honteux. Tant d'honneurs pour des saltimbanques ! Cap Matifou n'osait pas remuer. Pointe Pescade, lui, ne pouvait dissimuler, sous sa confusion, un bon sourire, dont s'animait sa fine et intelligente figure. Le canot vint passer à l'arrière de la goélette, et se rangea à la coupée de tribord, — le côté d'honneur. ”
Jules Verne,
Mathias Sandorf
(1885)
“ Un craquement jeta l'épouvante parmi les spectateurs, menacés d'être écrasés par la chute du toit, ou de s'écraser eux-mêmes en cherchant à sortir par les couloirs. Mais Cap Matifou était là. Il fit un bond vers la poutre déjà hors d'aplomb, et, au ”
“ Mais Cap Matifou ne se trouvait pas parmi les passagers du steam-yacht, Pointe Pescade non plus. L’un soignant l’autre, tous deux étaient restés à Antékirtta. Si, plus tard, leur concours devenait nécessaire, ils seraient mandés par dépêche et amenés rapidement sur un des Electrics de l’île. Le docteur et Pierre Bathory étaient seuls à bord du Ferrato, commandé, en premier, par le capitaine Köstrik, en second, par Luigi. ”
“ « Que ces coquins s’allient entre eux et ne fassent qu’une même famille ! se dit le docteur. Ensuite, nous verrons ! » Puis, il se retira, après avoir fait signe à Cap Matifou de le suivre. Cap Matifou, qui n’avait pas demandé pourquoi le docteur Antékirtt voulait faire enlever le passager du Saxonia, ne demanda pas davantage pourquoi il renonçait à cet enlèvement. ”
Ports maritimes de la France : Tome huitième… (1892)
“ Les points du rivage dignes de remarque, en suivant le contour de la baie d’Alger au cap Matifou, sont les suivants : i° Le village d’Hussein-Dey; 2° L’embouchure de l’Oued Harrach ; 3° La Maison-Carrée; h° Le village du Fort-de-l’Eau; 5° L’embouchure de l’Oued Hamiz; 6° Le cap Matifou. A partir de la jetée du Sud du port d’Alger, la côte n’est qu’une plage de sable de 11 milles d’étendue jusqu’au cap Matifou. Les fonds y sont très réguliers dans toute son étendue ; la limite des fonds de 1 o mètres est parallèle au rivage et à la distance de k encablures ”
Jules Verne,
Mathias Sandorf
(1885)
“ Peu à peu l'embarcation s'approchait. Une amarre fut préparée à bord pour lui être lancée, au moment où elle accosterait. Il y eut là quelques minutes qui parurent être interminables. On n'était plus qu'à une demi-encâblure des récifs. A ce moment, l'amarre fut lancée ; mais une énorme lame, soulevant l'embarcation, la précipita contre les flancs du Ferrato. Elle fut mise en pièces. et le pêcheur qui la montait aurait certainement péri, si Cap Matifou ne l'eût retenu, enlevé à bout de bras, déposé sur le pont, comme il aurait fait d'un enfant. ”
Ports maritimes de la France : Tome huitième… (1892)
“ L’allumage de ce phare a commencé le 3o décembre 1868. Le phare du cap Matifou, dont l’allumage a commencé également le 3o décembre 1868, est un feu fixe du 5e ordre. L’appareil est placé au sommet d’une tour carrée en maçonnerie, entourée de corps de logis, qui est située à 8 milles et demi environ à l’Est du phare de l’îlot de la Marine, par 3fi°68'6q" de latitude Nord et o°56'3q" de longitude Est. La hauteur du foyer est de 11 mètres au-dessus du sol et de 7 k mètres au-dessus du niveau des hautes mers. La portée géographique est de 21 milles et la portée lumineuse de 10 milles. ”
Jules Verne,
Mathias Sandorf
(1885)
“ Aussi, lorsque Cap Matifou, dans l'accablement de son bonheur, croyait devoir dire : « En vérité, est-ce que nous méritons d'être si heureux?. — Non, mon Cap!. Mais que veux-tu?. Faut se résigner! » lui répondait Pointe Pescade. FIN DE LA CINQUIÈME ET DERNIÈRE PARTIE. TABLE DES MATIÈRES PREMIÈRE PARTIE Pages. CHAPITRE 1. Le pigeonvoyageur. 1 — II. Le comte Mathias Sandort. 20 — III. La maison Toronthal 32 — IV. Le billet chiffré 48 — V. Avant, pendant et après le jugement 66 — VI. Le donjon de Pisino 83 — VII. Le torrent de la Foïba 99 — VIII. La maison du pêcheur FerraLu. ”
Flora Tristan,
Pérégrinations d’une paria
“ La mer, dans les parages du cap Horn, est constamment épouvantable. Nous y rencontrâmes presque toujours des vents contraires ; le froid paralysait les forces de notre équipage, même de nos hommes les plus forts. Nos matelots étaient tous jeunes et vigoureux ; cependant plusieurs eurent des clous, d’autres se firent beaucoup de mal en tombant sur le pont. ”
Théodore Pavie,
Le Capitaine Robinson, récit du cap Horn
“ Ma maîtresse ne peut supporter le froid de ces parages ; elle y mourrait au bout de huit jours ! Savez-vous bien qu’elle a passé quarante-huit heures au fond de la chaloupe, mouillée par la vague, à demi morte de frayeur ! Le matelot qui s’était sauvé avec nous a péri de fatigue. Sans vous, ma pauvre maîtresse serait au fond de la mer, et Dieu vous récompensera de votre générosité ; mais elle n’est qu’à moitié sauvée. Vous ne répondez pas, capitaine ! est-ce que vous n’entendez pas notre langue ? ”
Jules-Étienne Gigault de Crisenoy, De Rochefort à Cayenne, journal du capitaine de "l'Économe"… (1883)
“ Les visiteuses, c'est l'objet qui touche le plus vivement le matelot français en cours de campagne. Elles s'étaient sans doute donné rendez-vous au débarcadère, car plusieurs embarcations arrivèrent en même temps le long du bord, remplies de jolies toilettes et de frais visages, puis d'autres, et d'autres encore ; il y en avait des environs et même de la ville du Cap. Le consul de France dans cette résidence vint avec une nombreuse société, qu'il demanda au commandant la permission de lui présenter ”
“ Vers le douzième jour, le vent mollissant un peu, le capitaine prit hauteur, le mieux qu’il put, et estima qu’il était environ par les onze degrés de latitude Nord, mais qu’avec le cap Saint-Augustin, il avait vingt-deux degrés de différence en longitude Ouest ; de sorte qu’il se trouva avoir gagné la côte de la Guyane, ou partie septentrionale du Brésil, au-delà du fleuve des Amazones, vers l’Orénoque, communément appelé la grande rivière. Alors il commença à consulter avec moi sur la route qu’il devait prendre, car le navire faisait plusieurs voies d’eau et était tout-à-fait désemparé. ”
Johan Splinter Stavorinus, Voyage par le Cap de Bonne-Espérance à Batavia…
“ Nous trouvâmes sur cette rade le houcre le Snelheid de la Compagnie des Indes, et un vaisseau françois destiné pour l’île de Bourbon. En remontant la rade, le pays n’offre rien moins qu’un aspect agréable : on n’apperçoit que des montagnes sourcilleuses et escarpées, sur lesquelles il ne croît, pour ainsi dire, rien ; et l’on ne découvre le fort et la ville du Cap même que lorsqu’on approche du mouillage. ”
Louis François de Paule Tillette de Mautort, Mémoires du chevalier de Mautort… (1895)
“ Les marins aiment beaucoup la terre du Cap, parce qu'ils y trouvent des ressources sans nombre; mais ils en craignent la rade qui est dangereuse et même interdite depuis le mois d'avril jusqu'en septembre. En 1722, toute la flotte des Indes y périt à l'ancre, à l'exception de deux vaisseaux. Depuis ce temps, il n'est plus permis à aucun navire hollandais d'y mouiller au delà du mois de mars. Ils vont à False-Baye, à sept lieues plus bas, vers la pointe d'Afrique où ils sont à l'abri. Le lendemain de notre arrivée, je descendis à terre avec le projet d'y demeurer tout le temps de la relâche. ”
Théodore Pavie,
Le Capitaine Robinson, récit du cap Horn
“ Le navire, recevant la brise en plein dans ses larges voiles, fila plus rapidement, et bientôt disparut dans les vagues, qui le ballottaient toujours, le sinistre objet dont la vue frappait l’équipage d’une vague terreur. À peine les matelots placés en vigie sur les mâts pour épier les baleines le distinguèrent-ils encore pendant une demi-heure, pareil à un point blanc flottant sur la surface glauque de l’Océan, dans le sillage du Jonas. Servi par un vent favorable, le navire se balançait de droite à gauche d’un mouvement doux et régulier. ”
L'Afrique. Choix de lectures de géographie… (1884)
“ A l'extrémité méridionale s'ouvre la baie de Sainte-Luce, et au sud de la pointe Ilapérine, Fort-Dauphin et la baie Ranoufoutsy ou anse aux Galions. — Le cap le plus méridional de l'ile est le cap Sainte-Marie. Le littoral devient nu, sans abris et souvent dangereux; en allant au nord, sur la Côte occidentale, sont la pointe Barlow, les comptoirs d'Ampalaze, de Masikoura, d'Itampoule, le grand lac Mananipétsoutse; les baies de Saint-Augustin, Tulléar, Ranoubé, le cap Saint-Vincent, l'archipel des Assassins, où le brick français, la Grenouille, a été pillé et son équipage massacré en 1852 ”
