Résumé

Portrait de Flora Tristan Flora Tristan Pérégrinations d’une paria

Dans ces villes, si vaines de leurs perfectionnements, on nous montrerait au doigt, vous, parce que vous avez eu le malheur d’être trompée par un homme assez lâche pour vous abandonner, et moi, parce que je me serais mis au-dessus de misérables préjugés, que vous aimant d’un amour vrai, plus puissant que la vaine opinion du monde, je me serais marié avec vous, comme si la première obligation d’un homme d’honneur n’était pas d’épouser la femme qu’il aime, afin d’acquérir le droit de la protéger et de la défendre, ce qu’il ne peut faire à l’égard de sa maîtresse.
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Portrait de Flora Tristan Flora Tristan Pérégrinations d’une paria

Chère Flora, nous resterons en Amérique, à Valparaiso, si la ville vous plaît ; à Lima, si vous le préférez ; sur les côtes de la Californie qui sont si belles, aux États-Unis, aux Indes, en Chine, où vous voudrez enfin. J’aime bien la France, plus encore mon vieux père ; mais avec vous, Flora, je ne crains d’éprouver aucun vide. Ah ! mon amie, je vous aime tant que le lieu le plus aride, si vous le choisissiez, me paraîtrait un paradis.
L’amour vrai a langage, son de voix, regard, expression, tout à lui que nul autre ne pourrait imiter.
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Portrait de Flora Tristan Flora Tristan Pérégrinations d’une paria

Le vrai matelot déserte, toutes les fois qu’il le peut, et passe successivement à bord des navires de toutes les nations, visite tous les pays, satisfait de voir, sans chercher à rien comprendre de tout ce qu’il voit. C’est un oiseau voyageur qui se repose quelques instants sur les arbres qu’il rencontre sur sa route, mais qui ne se fixe dans aucun bocage. Le vrai matelot ne s’attache à rien, n’a aucune affection, n’aime personne, pas même lui. C’est un être passif, servant à la navigation, mais aussi indifférent que l’ancre quant à la plage où le bâtiment mouillera.
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