Résumé

Max Radiguet Revue des Deux Mondes

C’est un singulier contraste que celui des spectacles favoris des Liméniens avec la douceur qui fait le fond de leur caractère. Malgré l’absence presque complète de police, rien n’est plus rare qu’un assassinat dans la capitale du Pérou. Les vols à main armée sur les grandes routes et les filouteries dans les villes sont les seuls délits qu’on ait à y réprimer fréquemment. L’esprit militaire se conforme lui-même aux pacifiques allures du caractère national. L’odeur de la poudre n’enfièvre guère les Péruviens, et l’héroïque ivresse dont parlent leurs bulletins ne les emporte jamais bien loin.
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Max Radiguet Revue des Deux Mondes

Les tourmentes, les tremblemens de terre, affligent tour à tour cette partie du Chili. Le vent du sud et le vent du nord sont redoutés à Valparaiso comme d’implacables ennemis. L’un vient de terre et soulève une poussière fine et brûlante qu’il porte au loin comme un brouillard sur les navires ; l’autre vient de la mer et pousse d’énormes vagues vers le rivage. Quand le premier de ces vents souffle (ce qui arrive presque tous les jours durant l’été) , la ville se voile d’un nuage doré, la mer se couvre d’écume.
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L’action avait pour interprètes un nègre et une samba. L’homme, nu jusqu’à la ceinture, semblait fier d’un torse où l’on suivait le jeu des muscles à travers une peau sombre et lisse comme ces galets que la mer roule au rivage. La femme portait un jupon à falbalas tout bariolé de rouge et d’orange ; elle avait laissé choir le châle de laine bleue qui gênait sa pantomime, et sa chemise sans manches était à peine retenue aux épaules par le lien mal noué d’une coulisse. Nous étions arrivés au dénoûment d’une resbalosa ; telle nous parut être du moins la danse exécutée.
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