André Gaillard

Résumé

André Gaillard Dans un monde inconnu

Regardez le patron de Jules, quelle bonne pâte d’homme ! Jamais la moindre observation.
— Tant mieux pour lui, dit Lucien. Au fond peut-être que mon directeur n’est pas un méchant homme ; mais il a été agacé de ne pas savoir ce que je voulais faire en quittant l’usine. Ayant appris que je partais pour un concurrent il a voulu savoir à toute force qui c’était.
— Ce qui me met hors de moi, continua-t-il, c’est le procédé et surtout qu’on attribue mon attitude à une leçon apprise d’autrui.
Ne pouvons nous pas, nous, ouvriers, avoir notre libre discernement ?
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André Gaillard Dans un monde inconnu

Lucien se rappela soudain ce que c’était : « Les yarabies », chansons des anciens indiens où l’âme exhale sa douleur au souvenir du passé, de sa grandeur, puis de sa décadence. Elles se lèguent de père en fils comme une tradition. À ce moment la voix de Linda s’élevait cristalline, dans la quiétude de la nuit. Elle aime donc ce peuple ? se demanda Lucien. Moi aussi je l’aime et tant que je vivrai je me dévouerai pour sa cause ! Peu après les chants cessaient. Éteignant sa bougie il entra dans son lit.
Le lendemain matin ce fut Don Manuel qui vint le voir.
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André Gaillard Dans un monde inconnu

Comme ses effets étaient présentables il entra dans un café des plus select et s’assit.
Regardant autour de lui, il ne vit que des verres de vermout, de cock-tail, de champagne même, mais rien d’autre. Il commanda donc un cock-tail.
Tous ces gens ne font qu’imiter les européens. Ils n’ont saisi dans la civilisation que ce qui flattait leurs goûts, leurs désirs. Et dire qu’en Europe nous nous figurons qu’ici les naturels du pays ne quittent leurs montures que pour manger ou dormir ! Quelle déception, mes amis ! pensa en lui-même Lucien.
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