A. de Botmiliau

Résumé

A. de Botmiliau Revue des Deux Mondes

Ainsi finit la révolution qui, le 23 février, avait renversé à Lima le gouvernement d’Orbegoso, et, dans l’espace de moins d’un an, causé tant de mal au Pérou. De toutes celles qui s’y sont faites, elle a été une des plus désastreuses comme des plus coupables. Et cependant depuis quelques années, c’est-à-dire depuis la chute de Santa-Cruz et l’extinction complète de son parti, on a cherché à grandir la mémoire de Salaberry ; on a voulu faire de ce hardi conspirateur comme le héros en même temps que le martyr de l’indépendance péruvienne, un instant opprimée par les Boliviens.
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Une révolution vous élève, une autre vous renverse : la conséquence est forcée ; mais aussi il s’ensuit trop souvent que des hommes arrivés de la sorte, prévoyant, dès le jour de leur élévation, le jour de leur chute, songent plutôt à leurs intérêts propres qu’à ceux de l’administration qui leur a été confiée. La fidélité et l’intégrité, il faut bien le dire, ne sont pas toujours les premières vertus des fonctionnaires péruviens.
Un tel état de choses réclame assurément bien des réformes, et n’explique que trop les épreuves qu’a traversées le Pérou depuis l’indépendance.
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Quoi qu’il en soit, dès que les plateaux commencent à verdir, la population de Lima se rend à pied, à cheval, en voiture, vers les Amancaës. Sur ces montagnes d’ordinaire si paisibles règnent un mouvement, une agitation étourdissante. Des baraques en planches et en roseaux s’élèvent avec une rapidité féerique. On y vend de la viande, du pain, des fruits, mais surtout de l’eau-de-vie de Pisco et de la chicha, sorte de bière de maïs très goûtée des Indiens. Çà et là se dressent des salles de danse ornées de larges bouquets de fleurs cueillies sur les cerros.
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