Louis Bastide

Résumé

Louis Bastide Revue des Deux Mondes

À huit heures et demie, des lumières, du bruit, du mouvement et l’arrêt définitif : nous sommes à Arequipa.
Au point du jour, je retraverse la ville, dont je n’ai rien vu la veille, dans le tramway qui relie le chemin de fer à l’hôtel où j’ai passé la nuit. Les réverbères, de simples lampes à pétrole dans leurs cages de verre, luttent tristement contre les premières lueurs naturelles ; la fraîcheur du matin qui, dans les pays les plus chauds, est sensible, vive même, bien que dissipée aussitôt que goûtée, est pénétrante sous ce climat. Les rues sont toutes en pierre.
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Louis Bastide Revue des Deux Mondes

Le soir, le ciel est lumineux, la lune brille comme dans une romance. Les navires ont leurs lumières réglementaires allumées, ce qui suffit à donner un air de fête à la rade : un souffle caverneux et un clapotement ; c’est la ronde d’un torpilleur s’assurant dans la nuit si quelque cuirassé congressiste ne rôde pas aux environs comme le lion dévorant de l’Écriture. La tranquillité de la soirée est plutôt bercée que troublée par le vague brouhaha qui vient de la ville. Il fait bon, à cette heure, errer sur le pont du Tafna, en rêvant à des choses confuses.
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Louis Bastide Revue des Deux Mondes

VILLE D'EAUX JAPONAISE Le soleil d’août est torride à Yokohama. Les murs de papier des petites maisons japonaises, chauffés à blanc, craquent sous les rayons ardens, et semblent prêts à se déchirer. Les constructions européennes, plus vastes, plus savamment disposées en prévision de la chaleur comme du froid, font bénéficier leurs habitans d’un soupçon de fraîcheur relative. Au Japon, pour se soustraire à cette accablante température, il suffit de fuir à quelques milles, dans l’intérieur où domine partout la montagne avec son air revivifiant.
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