Louis François de Paule Tillette de Mautort

Élements biographiques

Louis François de Paule Tillette de Mautort Mémoires du chevalier de Mautort… (1895)

La ville est au pied, sur le bord de la baie. Il s'amasse souvent sur la Table une brume épaisse, entassée et blanche comme la neige. Les marins disent alors que la nappe est mise. Le commandant de la rade hisse son pavillon. C'est un signal aux vaisseaux de se tenir sur leurs gardes et une défense aux chaloupes de se mettre à la mer. Il descend de cette nappe des tourbillons de vent mêlé d'un brouillard semblable à de longs flocons de laine. La terre est obscurcie de nuages de sable, et souvent les navires sont contraints d'appareiller.
Source : Gallica

Louis François de Paule Tillette de Mautort Mémoires du chevalier de Mautort… (1895)

La réponse de l'Anglais, qui était un corsaire, fut une volée qui ne fit pas grand mal. Malard, aussitôt, se porte aux batteries pour engager les siens à bien faire leur devoir; il leur représente tout le danger qu'ils courent s'ils ont la lâcheté de se laisser prendre. Mais la partie n'était pas égale. Le corsaire, beaucoup mieux armé, envoyait dix coups de canon contre un mal assuré qu'on lui ripostait. Encore les évitait-il presque tous par la rapidité de sa manœuvre et en s'abstenant de prêter le flanc à son ennemi qu'il enfilait de ses batteries, soit de l'avant, soit de l'arrière.
Source : Gallica

Louis François de Paule Tillette de Mautort Mémoires du chevalier de Mautort… (1895)

Le premier lieutenant, brave officier, occupé à son poste sur le gaillard d'avant, aperçoit par hasard les gestes de son capitaine et se doute de son projet de se rendre; il accourt comme un furieux, proteste que ni lui ni l'équipage ne veulent se déshonorer. Le capitaine, tout tremblant, veut insister. Le lieutenant, qui n'a point de temps à perdre en discours superflus, lui commande impérativement de se retirer dans sa chambre. Le capitaine
obéit. Pendant ce débat, le vaisseau anglais, voyant le pavillon amené, s'avance à petites voiles pour s'emparer du navire qu'il croit rendu.
Source : Gallica

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