“ J’ai connu le « Vrai Nabab » en 1864. J’occupais alors une position semi-officielle qui m’obligeait à mettre une grande réserve dans mes visites à ce fastueux et accueillant Levantin. Plus tard je fus lié avec un de ses frères mais à ce moment-là le pauvre Nabab se débattait au loin dans des buissons d’épines cruelles et l’on ne le voyait plus à Paris que rarement. Du reste il est bien gênant pour un galant homme de compter ainsi avec les morts et de dire : « Vous vous trompez. Bien que ce fût un hôte aimable, on ne m’a pas souvent vu chez lui. » ”
Nabab
Définition et enjeux
Le terme « nabab » désigne historiquement un personnage riche et influent, souvent originaire de l'Est, dont le statut social et matériel est central. Alphonse Daudet, dans son roman Le Nabab, le présente comme un individu fastueux, complexe, oscillant entre grandeur et vulnérabilité, illustrant ainsi les tensions entre richesse et humanité.
D'autres auteurs, comme Urbainie Faydit de Terssac ou Maistre de La Tour, ont également abordé ce thème, soulignant les nuances entre opulence, rang et identité. Les réflexions de Daudet, marquées par des descriptions percutantes et des dialogues riches, révèlent une préoccupation pour les enjeux sociaux et humains liés à la prospérité. Le thème du nabab, ancré dans des contextes comme l'Inde ou le Maghreb, reste un miroir des dynamiques de pouvoir et des aspirations humaines.
Citations sur “nabab”
“ Il n’y avait en ce moment dans le palais qu’un homme aussi heureux que lui, c’était le Nabab. Escorté de ses amis, il tenait, remplissait la grande travée à lui seul, parlant haut, gesticulant, tellement glorieux qu’il en paraissait presque beau comme si, à force de contempler son buste naïvement et longuement, il lui avait pris un peu de cette idéalisation splendide dont l’artiste avait nimbé la vulgarité de son type. ”
Alphonse Daudet,
Le Nabab
(1877)
“ Au moins la laideur du Nabab avait pour elle l'énergie, son côté aventurier et canaille, et cette expression de bonté, si bien rendue par l'artiste, qui avait eu le soin de foncer son plâtre d'une couche d'ocre lui donnant presque le ton hâlé et basané du modèle. Les Arabes firent, en le voyant, une exclamation étouffée : « Bou-Saïd. » (le père du bonheur) . C'était le surnom du Nabab à Tunis, comme l'étiquette de sa chance. ”
