Urbainie Faydit de Terssac

Résumé

Urbainie Faydit de Terssac À travers l’Inde en automobile

Des escaliers, étroits comme une bordure de pierres, descendent jusqu’à l’eau calme, verte de mousse flottante, dans laquelle se jouent des poissons qui se rassemblent à la voix des « Joguis » accroupis sur les marches où ils prennent leur repas. Ils sont jeunes et très beaux les Ascètes. L’un est un Brahme Gaur, de l’Inde du Nord, adorateur de Shiwah, le cou ceint d’un collier de rudrack, les bras chargés d’annaux en fer, de sonnettes, il est drapé d’une peau de tigre, et tout en grignotant des graines frites, il chantonne des hymnes religieux tourné vers la rivière divine.
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Urbainie Faydit de Terssac À travers l’Inde en automobile

Ailleurs, des musulmans sont en prière, tournés vers le soleil qui tombe comme une flambée d’or violet dans le divin « Pudda », sillonné de barques aux voiles cerise que les pêcheurs ramènent au ghatt. Un Brahme, paré de son cordon sacerdotal, se promène seul, dédaigneux de cette humanité immonde, issue des pieds de Brahma. La cloche d’un temple caché dans un massif solitaire se fait entendre, les tam-tams résonnent, une odeur de jasmin et d’encens monte dans la nuit tombante, des feux de Bengale illuminent le rivage : c’est l’heure de la prière.
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Urbainie Faydit de Terssac À travers l’Inde en automobile

Aux endroits où le sable agrippe la quille, les bateliers se mettent à l’eau et nous remorquent, en se relayant jusqu’à ce que la barque soit renflouée.
Le trajet est long, ennuyeux ; bientôt, nous entrons dans une plaine d’eau immense, grisâtre, calme et unie : c’est le Gange, « le divin Pudda ». L’on distingue à peine, le long des bords couverts de jungle, les coques de noix fragiles et rapides dont se servent les indigènes pour la pêche, les voiles paraissent à l’horizon, coquettes et blanches comme un vol de mouettes.
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