Jules-Étienne Gigault de Crisenoy

Élements biographiques

Jules-Étienne Gigault de Crisenoy De Rochefort à Cayenne, journal du capitaine de "l'Économe"… (1883)

En sortant de la rade de Santa-Cruz, nous avons trouvé les vents alizés, cette zone enchantée où la brise est toujours tiède et caressante; où la mer ne s'irrite jamais et pousse le navire en le berçant doucement ; où, dans l'ombre, les flots tracent derrière lui un sillon lumineux, et se couvrent d'une écume étincelante ; où les jours s'écoulent paresseusement sans qu'on ait à toucher à une voile ni à une corde ; où les dorades ,se jouent sous le beaupré en narguant le trident du harponneur, tandis que les poissons volants viennent par troupes s'ébattre hors de l'eau.
Source : Gallica

Jules-Étienne Gigault de Crisenoy De Rochefort à Cayenne, journal du capitaine de "l'Économe"… (1883)

Je sondai inutilement avec ma longue-vue tous les points de l'horizon, qu'un matelot envoyé au haut du grand mât interrogea sans plus de succès. En pareil cas, l'imagination va vite; je me voyais déjà livré à mes seules ressources, en calme, avec quatre jours de charbon, quinze jours d'eau et de vivres, et du biscuit dont la plus grande partie avait été trempée d'eau de mer et avariée. S'aventurer ainsi dans le Pot-au-Noir, eût été imprudent, le plus sage me paraissait être de remonter dans le Nord pour chercher le vent et tâcher d'atteindre les Antilles.
Source : Gallica

Jules-Étienne Gigault de Crisenoy De Rochefort à Cayenne, journal du capitaine de "l'Économe"… (1883)

L'après-midi s'écoule en compagnie de mes livres et de mon piano, auxquels je consacre aussi les heures des soirées que je ne passe pas sur le pont.
Lorsqu'il fait beau, je m'y oublie souvent; les couchers de soleil sont de véritables féeries dans ces parages, et quand l'astre a disparu de l'horizon, le ciel prend ces teintes vertes d'une finesse extrême qui sont particulières aux régions tropicales et font un contraste si harmonieux avec la couleur foncée de la mer. La nuit vient ensuite rapidement, car le crépuscule ne dure que quelques instants
Source : Gallica

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