Joachim Gasquet,
Le Paradis retrouvé, poèmes
(1911)
“ Et comme rêve Adam, comme son coeur respire, L'haleine de la nuit erre dans la forêt. Les monts flottent là-bas si légers, qu'on dirait, Tant le silence ému se penche sur les choses Et tant l'air du jardin hésite autour des roses, Que le monde enchanté ne s'éveillera plus. L'Homme dort. L'herbe épaisse adore ses pieds nus. L'arbre veille sur lui, les buissons le parfument, Et les daims accourus, dont les fins naseaux fument, Le caressent dans l'ombre et lui lèchent les mains. Toute la nuit fourmille avec des yeux humains. ”
