Robert-Alphonse Gautier

Résumé

Robert-Alphonse Gautier Études et symboles (1841)

Ah ! malheureux le coeur qui médite et qui nie ! Enfant, vierge, vieillard, le même hôte s'y tient. Ce n'est pas le corps lourd ou le leste maintien, Ce n'est pas le dehors ni la face charnelle, C'est le souffle divin, c'est l'essence éternelle, C'est le verbe suprême ici-bas incarné, C'est le rayon commun en tout emprisonné ! C'est l'oiseau ! c'est la fleur ! et c'est ce qui respire, Et c'est ce qui de Dieu s'épand de son empire, Ce qu'il laisse de lui s'enfuir d'entre les cieux. Ah ! Dieu ne se rend pas saisissable des yeux : Il revêt une forme en animant la chose.
Source : Gallica

Robert-Alphonse Gautier Études et symboles (1841)

Poète, pour ceux-là perdus en cette vie Et qui, seuls avec Dieu quand leur âme dévie, Cherchent à l'horizon un point pour se porter ; Vous, nature sublime, âme ou la loi touchante Est écrite et gardée, et que la lèvre chante, Que le coeur entretient, que l'esprit sait chanter !
Poète, pour ceux-là, vous êtes le haut temple Que d'entre l'horizon leur faiblesse contemple!.. Temple saint tout rempli du nom du Dieu vivant! Qui de l'humanité, qu'à l'autel il entraine, Défend les droits sacrés sous sa voûte sereine, Et dont l'hymne d'appel chante Dieu par le vent !
Source : Gallica

Robert-Alphonse Gautier Études et symboles (1841)

Car, enfans, croyez-le; l'âme prédestinée Ressort toujours vainqueur d'une lutte obstinée, Des obstacles livrés pour lui barrer le jour. Celui que Dieu choisit peut souffrir, peut attendre ; Mais le jour vient enfin, et Dieu sait bien lui rendre Ce que lui gardait son amour !
Croyez-le bien, enfans. Un seul homme a peut-être Souffert, lui, sans beaux-jours : c'est votre divin Maître, C'est Jésus, jusqu'au fond buvant l'urne de fiel : Mais il était Jésus, souffrit tout pour apprendre, Et si rien d'ici-bas ne lui fit un jour tendre, Il eut son jour là-haut, au ciel !
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature