Fédor Dostoïevski,
Les Nuits blanches
“ Pourquoi des nuits entières passent-elles comme des heures ? Et quand le rayon rose de l’aurore éclabousse les fenêtres, notre rêveur fatigué se lève de la chaise où le tour du cadran l’a vu assis et se jette sur son lit. Ce serait à croire, Nastenka, qu’il est amoureux ! Regardez-le seulement, et vous vous en convaincrez. Voyons, est-il possible de croire qu’il n’ait jamais connu l’être qu’il étreignait dans les transports de son rêve ? Quoi ! rêvait-il donc la passion ? Se pourrait-il qu’ils n’eussent pas marché les mains unies dans la vie, bien des années, mêlant leurs âmes ? ”
