George Sand

George Sand

Résumé

Portrait de George Sand George Sand,  Melchior

“ J’ai sombré ce malheur-là dans ma mémoire, et depuis je me suis fait une morale à moi : c’est de ne jamais aimer une femme plus de quinze jours. Ensuite, je lève l’ancre, et le vent du départ souffle sur mon amour.
— Ainsi, dit Jenny, c’est par ressentiment contre les femmes que vous les vouez toutes au mépris et à l’indifférence ?
— Point, répondit le marin, je ne les juge pas. Je fais mieux, je les aime toutes, sauf pourtant les vieilles et les laides.
Jenny fut saisie d’un sentiment de dégoût, et elle se leva pour s’en aller.
”
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Portrait de George Sand George Sand,  Melchior

“ À quoi donc pensez-vous, miss Jenny ? lui dit-il en s’asseyant sur le banc auprès d’elle.
— Je me demande où vont ces flots, répondit-elle en lui montrant les remous que fendait la coque du navire ; je me demande où va la vie. Peut-être faudrait-il pour être heureux courir comme ces vagues et ne s’attacher nulle part. C’est ainsi que vous faites, Melchior ; vous n’aimez que la mer, n’est-il pas vrai ? vous pensez que la terre n’est pas la patrie des ames fortes.
— Ma foi, je ne sais pas quelle est la destination de l’homme, dit Melchior
”
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Portrait de George Sand George Sand,  Melchior

“ En attendant, ma mère mourra de faim et de froid.
« Vous ne savez pas ce que c’est que le froid, Jenny ; chez nous c’est un mal qui revient tous les ans, et dont les vieillards souffrent particulièrement. Que mon oncle lui assure six cents livres de rentes ; ce sera fort peu de chose pour lui, et pour moi ce sera un immense service... »
Jenny tendit cette fois sa main au marin.
— Allons trouver mon père ensemble, lui dit-elle ; je me charge de tout.
En les voyant arriver d’un air de bonne intelligence, le visage du nabab s’épanouit.
”
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