Résumé

Paul Bottinelli De la Grogne aux poilus, drame en 1 acte… (1916)

Au fond d'une tranchée humide et frissonnante, Couvert de sang, blessé, Valère, dans l'attente, Ecoutait, hargneux, fou, les poings entre les dents, La tourmente effroyable et les cris des mourants.
Soudain une voix parle où l'âme passe toute : « Votre lieutenant gît à cent pas de la route, Qui veut l'aller chercher? Il faut quelqu'un de fort. »
Chacun se tait : on sait qu'à cent pas, c'est la mort; Et Valère a souri! Ce lieutenant, c'est l'homme Qui l'a puni naguère, une bête de somme, Un blanc-bec, un brutal détesté des soldats !
Source : Gallica

Paul Bottinelli De la Grogne aux poilus, drame en 1 acte… (1916)

JEAN VALÈRE
Orphelin sans famille, avant la grande guerre C'était un camelot, le soldat Jean Valère.
La rue avait servi de foyer à l'enfant, Et tout l'amer levain du désenchantement Il l'avait connu là : le vice et l'ironie Qui font d'un cœur qui s'ouvre un cœur qui se replie.
Que de fois, sourdement, il avait appelé La mère absente à l'aide, et qui l'eût caressé, Cherchant à deviner par quel sombre mystère Des nids n'ont pas d'oiseau, un enfant pas de mère !
Mais dans le sauvageon, parfois, l'arbre pourrit, Et l'enfant sans amour prépare le bandit.
Source : Gallica

Paul Bottinelli De la Grogne aux poilus, drame en 1 acte… (1916)

Toute une race, enfin, debout, calme et splendide, Prenant le droit pour glaive et son honneur pour guide, Ce jour-là, Jean Valère eut un rire joyeux Et fleurit sa vareuse en murmurant : « Tant mieux ! »
Une semaine après, la France transformée L'entraînait en soldat dans la sainte mêlée.
Content de tout, heureux d'avoir un vrai foyer, Par sa gaîté comique il sut se faire aimer, Oubliant la fatigue, aidant le camarade.
a Messieurs, ce lourd obus parle à la cantonade, Sa voix est enrouée et son role est manqué.
Colis de mort subite, hé, va donc, embusqué ! »
Source : Gallica

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