Maria Ionescu

Résumé

Maria Ionescu Eux : [les soldats français] (1917)

Crois, chère petite femme, que mes dernières pensées iront à toi. Je te recommande de penser à moi souvent, mais de ne pas en faire un deuil éternel. Tu es jeune, refais-toi un intérieur ; on doit trop souffrir, quand on est âgée, d'être seule. Voil, chère petite femme, mes dernières volontés. En les écrivant, je pense à toi, à vous tous et, quoique brave, je ne puis m'empêcher de verser quelques larmes en cachette en pensant au mal que te fera ma mort. Mais que veuxtu ? c'est la destinée.
Je pars au combat avec confiance
et espoir.
Source : Gallica

Maria Ionescu Eux : [les soldats français] (1917)

Tempêtes de fer, éclats d'obus, mines sous les vagues bleues, Zeppelins, gaz asphyxiants, grenades, tout cela pour donner la mort aux chers petits qu'on a bercés, caressés, soignés, veillés avec angoisse au prix de tant de peine.
* * *
Des hommes sans bras, sans jambes, jeunes, finis, perdus : des oiseaux sans ailes.
* * *
Plus tard, beaucoup plus tard, après la guerre, quand tout sera fini, classé, oublié, quand les mains se tendront sous l'égide de la paix
divine, que diront les pauvres morts, les morts non ensevelis, les morts ?
Source : Gallica

Maria Ionescu Eux : [les soldats français] (1917)

« Je meurs avec joie pour mon pays. Dites au corps de cavalerie que le sacrifiee de ma vie doit lui servir d'exemple. »
La, le coma commença tellement profond qu'en cinq minutes il était mort.
Pendant tout ce temps, le général était dans mes bras, roulant sa tête tantôt sur mes bras, tantôt sur ma poitrine, et j'avais peine à me retenir de l'embrasser, tant cet homme était brave devant la mort, simple et fort dans ses propos. Je le répète, j'ai vu beaucoup de gens mourir, hélas ! je ne croyais pas possible qu'on pût être aussi héroïque à une
seconde du néant éternel !
Source : Gallica

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