Charles Nordmann, Impressions d’un combattant, notes de route
“ Je soulève du pied la tunique, que le vent a rabattu sur la tête, et j’aperçois un tableau dont je n’oublierai jamais la symbolique horreur, et devant lequel nous restons un long moment muets : la tête aux cheveux coupés courts, a la face toute noire, comme c’est toujours le cas lorsque la mort est provoquée par nos terribles obus explosifs ; une joue est collée au sol, et sur l’autre, toute rongée, et où courent des fourmis actives, deux petits rats sont en train de grignoter. Ils lèvent à peine, en nous voyant, leur fin museau, où pétillent deux yeux brillans comme des têtes d’épingles ”
