Résumé

Charles Nordmann Impressions d’un combattant, notes de route

Je soulève du pied la tunique, que le vent a rabattu sur la tête, et j’aperçois un tableau dont je n’oublierai jamais la symbolique horreur, et devant lequel nous restons un long moment muets : la tête aux cheveux coupés courts, a la face toute noire, comme c’est toujours le cas lorsque la mort est provoquée par nos terribles obus explosifs ; une joue est collée au sol, et sur l’autre, toute rongée, et où courent des fourmis actives, deux petits rats sont en train de grignoter. Ils lèvent à peine, en nous voyant, leur fin museau, où pétillent deux yeux brillans comme des têtes d’épingles
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Charles Nordmann Impressions d’un combattant, notes de route

Peut-être laissé-je courir trop loin mon imagination, mais il me semble que ces soldats de France dont la plupart sont des paysans et qui savent que la terre, leur bonne terre tendre est la source même de leur pauvre bonheur, et qui sentent inconsciemment que c’est d’elle qu’émanent non seulement les plantes nourricières, mais aussi les corps et les âmes des hommes, et l’humble église et la petite maison natale, il me semble que ces hommes ont dû sentir plus vivement peut-être l’âpre devoir de défendre cette terre maternelle en s’y enfouissant tout vivans comme y dorment leurs pères.
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Charles Nordmann Impressions d’un combattant, notes de route

L’univers avec ses merveilles, ses astres d’or, son immensité dans le temps et l’espace, ses transformations étonnantes, tout cela n’existe réellement que parce que cela est pensé par nous. « Tout ce qui n’est pas la pensée est le pur néant, » a dit le grand Lorrain Henri Poincaré. Mais c’est tout justement pour la pensée et ses droits que nous allons nous battre, pour la liberté de mieux étudier, mieux connaître, mieux utiliser la nature.
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