Résumé

Bernard Descubes Revue des Deux Mondes tome 28, 1915

On s’endort ainsi, souvent, une ou deux minutes, jusqu’à ce que l’appel d’un camarade « qui ne vous voit plus » vous réveille en sursaut, ou que le cheval bronche sur un caillou.
Enfin, nous approchons de notre position de batterie ; un combat de nuit est engagé ; la fusillade crépite, tandis que les grosses pièces « balancent » de terrifiantes marmites qui geignent lamentablement dans le brouillard, et que les fusées éclairantes inondent le sol d’une nappe de lumière crue, aveuglante ; c’est une impression sinistre, quoique l’on soit, évidemment, plus en sécurité qu’en plein jour.
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Bernard Descubes Revue des Deux Mondes tome 28, 1915

L’obus file en criant, et son éclatement nous remplit d’aise... La nuit, en effet, le bruit des projectiles dans l’air est tout différent de celui qu’ils font pendant le jour ; cela tient probablement à l’humidité ; toujours est-il qu’ils ont une chanson très méchante, un peu assourdie, qui donne aux attaques de nuit un aspect terrifiant. C’est fini, on éteint la lanterne-repère et on s’enfile vivement dans le calbot, où l’on se pelotonne douillettement l’un contre l’autre, pour reprendre le sommeil interrompu...
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Bernard Descubes Revue des Deux Mondes tome 28, 1915

Les Allemands deviennent décidément économes de munitions, car ils n’estiment pas utile de tirer, comme ils n’auraient pas manqué de le faire au début de la campagne, sur ces deux insolens « poilus » qui osent se montrer ! Le poste du général n’est plus qu’un simple chemin creux que quelques artilleurs « améliorent, » c’est-à-dire transforment en tranchée ; l’ennemi est à 2 000 mètres ; heureusement qu’il ignore l’importance de ce groupe d’officiers et d’agens de liaison ! Quel beau coup, s’il « descendait » un état-major de brigade !
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