Pierre Harispe

Résumé

Pierre Harispe Les poèmes de la guerre (1915)

ABRAHAM BLOCH Grand Rabbin de Lyon
Cet horrible attentat, qu'on appelle la guerre, Fait fleurir des héros et des saints sur la terre, Comme l'immonde engrais des corps ensevelis
Fait germer au vallon la bruyère et le lis.
La nature se joue à ces effets contraires, A ces heurts, à ces chocs, qui semblent si vulgaires.
La fleur et son parfum éclosent du fumier, Comme dans le désert sourd le vin, du palmier.
L'amour naît de la haine, et la vertu, du crime.
La vie a pris essor dans une mort sublime.
L'homme presque divin qu'on appelle un héros Est sorti cette fois d'un immense chaos.
Source : Gallica

Pierre Harispe Les poèmes de la guerre (1915)

« Je veux partir, maman, et suivre les soldats. »
S'écria-t-il tout pâle en élevant ses bras.
Et d'un baiser tremblant, il embrassa sa mère.
Il lui fit ses adieux comme un héros d'Homère, Tout fier, se raidissant, et sans verser un pleur, Pour montrer à quel point il dominait son cœur.
Dans les premiers moments il offre ses services.
Il va de rang en rang, comme font les novices ; Aide aux plus fatigués, allège leur fardeau, Et s'avance tout droit un fusil sur le dos.
Source : Gallica

Pierre Harispe Les poèmes de la guerre (1915)

Si vous êtes le Roi, n'est-elle pas la Reine ?
Au milieu du combat, comme pendant la paix, Elle orne votre front des fleurs de ses bienfaits.
Elle a, de ses vertus, serti votre couronne : Et vous en êtes fier ; l'amour vous environne.
Des maux les plus affreux, il. calme les rigueurs, Et d'un peuple martyr adoucit les douleurs, Fait de vous un héros, et d'elle une héroïne, Qui, sous le ciel en feu, sur vos soldats s'incline, Rivalisant de cœur, de courage avec vous, Et prodiguant ses soins aux blessés à genoux.
Source : Gallica

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