Résumé

Portrait de Ouida Ouida La Branche de lilas

I. Oui, je serai fusillé dès l’aube, on le dit, — et pour une branche de lilas ! Vous ne me croyez point ?.. Souvent, pour faire tuer un homme, il n’en a pas fallu davantage. Un regard, un sourire, une larme, une fleur fanée, — c’est peu, et c’est beaucoup quand cela vient d’une femme, — beaucoup, tout le présent, tout le passé, tout l’avenir.
Voici le lilas,... regardez. Il n’a plus ni couleur, ni parfum, ni beauté, il est flétri ; ne dirait-on pas un amour mort ?
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Portrait de Ouida Ouida La Branche de lilas

Elle était si brillante alors, si parfumée, si fraîche sous les baisers du papillon et de l’abeille ! Il y a de cela juste deux ans. Les lilas sont-ils en fleur là-bas, je me le demande ? Bien sûr, et elle les cueille, et elle les jette à son amant. Pourquoi pas ?
Pensera-t-elle à la branche qui est morte, à la branche qui fleurissait dans la saison dernière,... il y a si longtemps, si longtemps ? Non, sans doute. Les lilas ne vivent qu’un jour, mais cette journée rapide est moins courte que la mémoire d’une femme...
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Ce fut un combat loyal d’homme à homme.
Il me regarda en s’affaissant sur le pavé, un sourire étrange effleura ses lèvres : — Vous étiez vengé déjà, murmura-t-il lentement, et chaque mot, chaque souffle passait avec effort. Ne le saviez-vous pas ? Elle m’a trahi l’automne dernier... Elle avait un amant parmi les Prussiens, un plus grand personnage que moi. — Un flot de sang l’étouffa. Il demeura silencieux, appuyé sur une de ses mains, le reflet des flammes sinistres se jouant sur son visage. Tout à coup la rue se remplit de soldats, les siens.
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