“ Tout de suite, il critiqua son professeur qui était un jeune homme mince, à l’air effacé. Nil le trouvait trop grand. — Cela n’a aucune importance qu’il soit grand, lui dit sa mère. — C’est très ennuyeux, répliqua Nil, parce qu’on est obligé de trop lever la tête pour lui parler. C’était là une objection à considérer et Mme Bompel l’admit sans sourire. Nil ne se montrait pas très bon élève, non pas qu’il fût paresseux, mais le tour de son humour inconscient excitait le rire de ses camarades, et Nil prit goût à cette dissipation, d’autant plus que son propre rire était communicatif. ”
Marthe Fiel
Résumé
L’Élève Bompel, de Marthe Fiel, explore la vie mouvementée de Nil, un jeune garçon doté de dons et d’un humour inattendus, au sein d’un collège où les rapports entre élèves et enseignants sont marqués par des conflits et des liens instables.
À Saint-Donat, dans un environnement rural apaisé, Nil oscille entre ses pairs, notamment Legrise, son concurrent, et ses proches, notamment Mme Bompel, dont l’affection inconditionnelle le guide. L’œuvre combine drame, réflexion éthique et instants de légèreté, décrivant le cheminement d’un adolescent face aux défis de la vie sociale et intérieure.
Citations de L’Élève Bompel (Marthe Fiel)
“ À ce moment, Mme Bompel vint avertir les deux garçons que le goûter était prêt. — Vous êtes bien aimable, madame... Je suis bien content de revoir mon ami, et je me serais passé de goûter... Les autres en feront une figure, quand ils sauront qu’il passe dans une classe extra-supérieure ! — Je n’y suis pas encore, protesta Nil. — C’est comme si tu y étais... Tout le monde sait que quand tu entreprends une chose, tu la réussis. — Tu te trompes !... j’ai essayé dernièrement de créer le mouvement perpétuel, et tout a raté, dit Nil en riant. Mme Bompel rit aussi et Paul en fit autant. ”
Marthe Fiel, L’Élève Bompel (1947)
“ Nil se posait une terrible question. Connaissant les sentiments de Legrise, il se demandait si ce dernier, quand il aurait recouvré la santé, oublierait le destin atroce qui avait failli être le sien, et s'il le dénoncerait, lui Nil, comme le coupable de ce drame ? Un frisson courut le long de l'échine du jeune garçon et dans cette appréhension, il eut le geste de repousser son assiette, mais il se reprit et, de nouveau se confia à Celui qui dirige les vies. Il termina son repas tranquillement, et laissa ses parents, ainsi que M. Tradal, épiloguer sur ce douloureux événement. ”
