Résumé

Camille Delthil Angélique : Poème - Pensées

Angèle est sans amour, Angèle est sans enfant.
Toi, qui n’as pas senti les douces allégresses
De la maternité s’éveillant dans ton sein ;
Toi, qui ne connais point les naïves caresses
Et le babil joyeux d’un rose chérubin ;
Toi, qui n’as pour lien qu’un lourd devoir stérile,
Quelle petite voix rieuse chassera
De la Tentation le cauchemar fébrile ?
Qui te protégera ? qui te consolera ?
L’Enfant, c’est la gaîté, l’Enfant, c’est le courage,
C’est le fruit attendu des floraisons d’avril,
C’est le ressouvenir des chansons du jeune âge,
Et c’est le bouclier au moment du péril...
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Camille Delthil Angélique : Poème - Pensées

Ah ! le travail sera douloureux et pénible,
La mère en se tordant râlera sous le fer ;
Il faut du sang versé dans cette lutte horrible :
Pour le gnome ou le Dieu le siècle aura souffert.
Sur terre il fut toujours deux races ennemies :
L’une, qui porte au front le sceau de l’Idéal,
L’autre, au vaste abdomen tout gonflé d’infamies,
D’appétits sensuels et d’amour bestial.
L’une dit : « Le savoir, le travail, la sagesse,
L’art civilisateur, c’est moi, c’est le Progrès. »
L’autre répond : « Je suis l’imposante Richesse,
Jouir est mon seul but, et que m’importe après ? »
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Camille Delthil Angélique : Poème - Pensées

C’est l’amant qui se fait le vengeur du mari.
Roger fut bientôt las de vivre loin d’un monde
Changeant dans ses amours, bruyant dans sa gaîté,
De ce monde attirant où le plaisir abonde ;
Ses serments éternels durèrent un été.
L’indifférence tue aussi bien que la haine :
Angèle se sentit, par ce lâche abandon,
Mortellement frappée, et la belle hautaine,
Pleura sur ses malheurs les larmes de Didon.
Elle souffrit vraiment, la pauvre humiliée,
L’amour pardonne tout, tout, hormis les mépris :
Roger à ses plaisirs l’avait sacrifiée
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