“ L’amour dans l’absolu, c’est-à-dire par l’âme seule, a quelque chose du vide de l’irréel. Pour le bien concevoir, pour éprouver l’amour dans toute son ardeur, dans toute sa soif, dans tout son infini, pour en avoir la conscience et la possession vraie, il faut qu’il s’appuie à l’appui même que vos dieux, Mélissandre, ont donné à l’âme, à l’enveloppe physique. Ce n’est qu’unie au corps que l’âme peut goûter dans ses voluptés célestes tout ce que l’amour a de grand, de beau, d’immortel. ”
Juliette Adam
Résumé
"Païenne", roman de Juliette Adam, explore l'amour sous ses facettes spirituelles et sensuelles, mêlant passion, tendresse et recherche de l'idéal. À travers les échanges épistolaires entre Mélissandre et Noves, l'œuvre célèbre l'harmonie entre l'âme et le corps, la spiritualité de l'adoration amoureuse, ainsi que la force face aux épreuves.
Les thèmes de l'immortalité, de la dévotion et de la métamorphose de l'amour en foi traversent les pages, illustrés par des réflexions poétiques et intimes. L'œuvre, riche en images divines et humaines, dévoile une vision profondément lyrique de la relation amoureuse.
Citations de Païenne (Juliette Adam)
“ J’ai réellement possédé le bonheur des Immortels. J’ai vu l’amour se dépouiller, s’épurer, devenir religion, culte et prière. Pour la première fois, j’ai éprouvé les délices de l’adoration intérieure. À MÉLISSANDRE Il est donc vrai que l’idée de perdre l’amour de sa bien-aimée centuple la passion et le bonheur de la ressaisir et de la retrouver ? Je sentais mon cœur se fondre de reconnaissance, de tendresse et d’enivrement. Je mesurais l’étendue même de ma félicité à la profondeur des angoisses qui m’avaient précédemment agité. ”
“ Je voudrais être auprès de vous et m’assurer que votre cœur s’est calmé, rasséréné. Que lui faut-il ? La sécurité dans le bonheur, la paisible et délicate intimité de deux natures sœurs ? Mélissandre, ces joies, nous les possédons. Nous avons tous deux, sous la main, les plus beaux fruits de la vie à cueillir. Qu’exigent vos dieux en échange de tels dons ? Une large confiance en chacun de nous, le mépris du danger, l’ardeur de vivre. Vous m’avez dit ce soir que l’amour diminuait en vous la passion de la nature, et que la mort vous attire. ”
