Résumé

Charles Fuster Le Coeur (poésies de 1886-1892… (1892)

Tu te dis : « La vie est deuil et naufrage. Je viens de fermer les yeux que j'aimais. Partout l'agonie et partout l'orage ! »
— Descends en ton coeur : c'est là qu'est la paix.
Tu te dis : « Je veux les voluptés lentes,
L'ivresse légère et le parfum lourd,
Les regards pâmés, les bouches brûlantes... »
— Descends en ton coeur : c'est là qu'est l'amour.
Tu te dis : « A moi la gloire et sa flamme ! Je vais, tête haute, héroïque et fort. Je suis immortel ; la foule m'acclame ! »
— Descends en ton coeur : c'est là qu'est la mort.
Source : Gallica

Charles Fuster Le Coeur (poésies de 1886-1892… (1892)

C'est l'ouvrière hâve, assise en sa mansarde, Qui tousse et s'amaigrit sous la pluie et le vent ; C'est le travail sans gloire, et que nul ne regarde ; C'est l'amour sans espoir, impossible et fervent. De lumière, jamais : rien que le mort qui tarde, Sous le brouillard toujours, — en arrière et devant.
J'entends, confusément, comme un immense râle ; Je vois crier la faim dans les yeux d'un vieillard, Et je viens de croiser une femme, très pâle, Au regard hésitant, lamentable, blafard, Presque éteint, et noyé sous l'ombre glaciale Comme l'enterrement d'un coeur, dans le brouillard.
Source : Gallica

Charles Fuster Le Coeur (poésies de 1886-1892… (1892)

L'incurable mélancolie D'un coeur désemparé que les flots vont battant,
Celle-là connut, je vous jure, L'angoisse des sanglots, l'impuissance du cri ;
L'amour lui fut une brûlure, Et, comme j'ai souffert depuis, elle souffrit.
Après mes rages inquiètes Elle a pleuré souvent, et vu couler, sans bruit,
De ces tristes larmes muettes Qui vous font tant de mal à verser, dans la nuit.
Puis vint la suprême méprise : Le temps passa, fixant les destins révolus ;
Et depuis, que son coeur se brise, Que le mien soit en sang, hélas ! rien n'y fait plus.
Source : Gallica

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