Résumé

Portrait de Alfred Assollant Alfred Assollant Les Butterfly, Scènes de la vie Américaine

Au milieu de ce feu de propos croisés et interrompus, Roquebrune dit d’une voix claire : — Quel dommage qu’une beauté si rare et si parfaite soit près de se marier! Nous ne pourrons plus l’aimer que de loin.
— Oh! dit le lord Aberfoïl d’un air fat, si je voulais m’en donner la peine !
— Ni vous, milord, ni personne. Elle est fiancée à un Français de mes amis.
— Par les mânes de Richard Strongbow, s’écria Kilkenny, à moins que ce Français ne soit le grand diable d’enfer, je parie qu’avant quinze jours son mariage sera rompu.
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Portrait de Alfred Assollant Alfred Assollant Les Butterfly, Scènes de la vie Américaine (1859)

Miss Alvarez, continua Lewis d'un ton passionné, je vous aime.
— Que dirait Swedenborg s'il vous entendait ? dit Julia. Son ombre vénérable n'en serait-elle pas scandalisée ?
— Ne riez pas, chère miss Alvarez, dit l'Anglais. Oubliez que je suis ministre et protestant, et écoutez-moi. Au milieu de toutes les félicités dont la Providence vous comble, une seule vous manque : c'est la famille. La jeunesse est rapide et fuit comme une flèche légère, traînant après elle la beauté. Que reste-t-il alors à la femme qui n'a ni mari ni enfants ?
Source : Gallica

Portrait de Alfred Assollant Alfred Assollant Les Butterfly, Scènes de la vie Américaine

Que peut-on faire de mieux quand on voyage? Bussy, aigri par sa mésaventure, maudissait les sociétés modernes et la démocratie. Roquebrune se moquait de sa misanthropie. — Te voilà fort en colère, disait-il, parce qu’un coquin de Yankee t’a joué un méchant tour! Tu maudis la démocratie, parce que ce Butterfly est un démocrate. Retourne en Europe, si tu ne sais pas subir les inconvéniens de la liberté. Il n’est pas de rose sans épine; il n’est pas de république sans Butterfly.
— L’Amérique est haïssable, répondait Bussy, mais l’Europe est pire encore.
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