Pierre de Coulevain

Résumé

Pierre de Coulevain Ève victorieuse

Madame Ronald avait dit à M. de Limeray qu’elle aimait le danger, et en vérité, depuis trois semaines, elle jouait, comme une enfant, avec le désir, avec les sens, avec la vanité d’un homme, sans se douter du péril auquel elle s’exposait. L’éducation morale et physique de l’Américain n’est pas celle de l’Européen ; elle sauvegarde la femme plus que ses principes mêmes ou son honnêteté. Hélène avait impunément tyrannisé, tantalisé ses admirateurs : aucun n’était allé plus loin qu’elle n’avait voulu. Le comte Sant’Anna, lui, était d’un autre tempérament.
Source : Gutenberg

Pierre de Coulevain Ève victorieuse

Hélène ajouta que M. Ascott eût beaucoup mieux convenu à Dora et qu’elle s’en apercevrait avant longtemps. Dans sa voix, il y avait un accent de passion qui fit dresser l’oreille à M. de Limeray. Il la questionna sur le mariage de sa nièce, demanda des détails, la poussa à fond très habilement et fut fixé. Il examina ensuite M. Ronald.
C’était bien là le type de l’homme supérieur que toutes les femmes d’une certaine élévation rêvent, et qui, dans la réalité, ne les contente jamais. Elles sentent d’instinct qu’il n’est pas fait pour elles, qu’il leur échappe : de là leur déception.
Source : Gutenberg

Pierre de Coulevain Ève victorieuse (19..)

Alors, délivrez-moi ! répondit madame Ronald d'une voix suppliante.
— A quelle religion appartenez-vous ?
- A la religion catholique. Je m'y suis convertie.
- Tant mieux. C'est un grand pas que vous avez fait vers la spiritualité. Avez-vous le désir sincère, la volonté ferme de recouvrer la paix ?
Si je l'ai !... Oh ! vous ne savez pas, vous ne pouvez pas savoir, vous, fit étourdiment Hélène, combien c'est douloureux, un amour sans espoir. C'est pire qu'un mal physique.
Une étrange expression, une onde légère d'émotion passa sur le visage du brahmine. Ce fut comme un reflet d'humanité.
Source : Gallica

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