Henri-Joseph Dulaurens

Résumé

Henri-Joseph Dulaurens Imirce, ou la Fille de la nature (1765)

« Cher Xan-Xung, dit Lucrèce, en embrassant encore le mendiant, que ton sort est changé !... que j’ai pensé de fois à toi, mon cher Tranquille !... où sont ces beaux jours où tu me jurais une tendresse éternelle ? J’ai demandé partout de tes nouvelles, personne n’a pu m’apprendre où tu étais... ah ! cher ami... » Lucrèce n’était pas effrayée du triste état de ce malheureux.
Je demandai au gueux comment il avait gagné la tendresse de cette jolie fille, dont la décence et la sagesse faisaient notre admiration. « Madame, les bons cœurs sont faits pour s’aimer ».
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Henri-Joseph Dulaurens Imirce, ou la Fille de la nature (1765)

« C’est pour plaire au maître de ma cave ; » c’était toujours le refrain des raisonnements d’Ariste. — « Ton maître, qui fait de si grandes choses, aime-t-il les infiniment petites ? Peux-tu croire qu’une figure, qui me fait horreur, puisse lui plaire ? Quand j’étais dans ta cave, si j’avais mâché du pain, et collé ce pain mâché à mon derrière pour te plaire, cela t’aurait-il fait honneur ? — Non, j’aurais pris cette action pour une bêtise de ta part. — Eh bien ! si le maître de ta belle cave a plus d’esprit que toi, il doit trouver les capucins pitoyables. »
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Henri-Joseph Dulaurens Imirce, ou la Fille de la nature (1765)

La nature du feu que nous ne connaissions pas, le bruit de l’artifice nous avait tellement épouvantés, que nous crûmes avoir offensé le maître de la cave.
Le lendemain, le panier ne descendit point ; nous jetâmes des cris horribles. « Hélas, disais-je à mon époux, cet être si bon qui m’a donné ton cœur, nous punit sans doute en nous privant du pain qui entretient notre existence et nos plaisirs ; la puanteur va nous réduire en poussière, comme elle a fait de notre enfant ; mourons ensemble, mon cher Emilor, l’espoir de voir mes os mêlés avec les tiens flatte encore mon âme. »
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