Jules Girardin

Résumé

Jules Girardin Les remords du docteur Ernster… (1905)

Est-ce que tout le blé des champs n'appartient pas de droit aux moineaux?
— Les jeunes moineaux le disent, mais l'homme le nie. Il prétend qu'ayant peiné sur les sillons pour labourer, pour semer et pour moissonner, il est le maître du blé, fruit de son travail et de ses sueurs.
— Alors, riposta le conscrit exaspéré, le moineau n'a plus qu'à mourir de faim ; le moineau, roi de la création!
— Roi de la création ! Encore une de vos idées, à vous autres jeunes gens. Quant à mourir de faim, c'est le sort qui nous attendrait tous si l'homme était une bête féroce.
Source : Gallica

Jules Girardin Les remords du docteur Ernster… (1905)

Timéas l'avait connu par un ami commun. Le jeune avocat lui avait plu et il avait plu au jeune avocat. Du reste, il aimait la société des jeunes gens, qu'il traitait avec une bonté véritablement paternelle. Au moment où il avait demandé à Timéas quel bon vent l'amenait, il avait posé la paume de sa main gauche sur son menton, et, par un geste caressant qui lui était habituel, il avait promené sa main jusqu'à l'extrémité de sa longue barbe blanche, dont il tenait encore l'extrémité entre ses doigts, comme s'il ne pouvait prendre sur lui de s'en dessaisir.
Source : Gallica

Jules Girardin Les remords du docteur Ernster… (1905)

Le docteur Ernster était foncièrement bon, et sa bonté se reflétait sur son aimable physionomie.
II
Et non seulement il était bon de cœur et séduisant de physionomie, mais encore il avait l'air parfaitement heureux de vivre et de voir vivre tout ce qui a vie en ce monde. C'était une séduction de plus, et une grande séduction, qui ne manquait jamais son effet.
Nous aspirons tous au bonheur, c'est un fait qui n'a pas besoin d'être prouvé. « Le bonheur n'est pas de ce monde »,
c'est un axiome philosophique auquel l'ensemble des faits semble donner raison.
Source : Gallica

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