Eugène Muller

Résumé

Eugène Muller Madame Claude (1880)

Aimons-nous, aimons-nous bien ! s'écria la petite grand'mère en embrassant Annette, comme pour l'empêcher de s'appesantir davantage sur les conséquences de l'espèce d'ultimatum qu'elle venait de poser.
Malgré toute la noblesse de son cœur, malgré toute la spontanéité de l'affection que lui inspirait cette femme belle, à l'air doux, Annette avait voulu lui faire sentir, qu'au fond de l'élan sympathique se trouvait un principe purement rationnel. Il fallait, pensait-elle, que Madeleine appréciât comme ils méritaient de l'être tous les avantages que la paix proposée avait sur l'état hostile.
Source : Gallica

Eugène Muller Madame Claude (1880)

Elle dut cependant quitter sa modeste indifférence lorsqu'un jour elle trouva Jean Fargeot se frappant le front avec désespoir, en présence du vieillard qu'il invectivait. Celui-ci ne saisissait plus le sens des outrageantes paroles de son fils; mais, ému autant qu'il pouvait avoir conscience de l'être, tour à tour il pleurait ses larmes stupides, et riait son rire hébété.
— Quoi ? qu'y a-t-il ? qu'avez-vous contre votre père ?
demanda Madeleine épouvantée.
— Ce qu'il y a, ce que j'ai contre lui ! s'écria Jean Fargeot; il y a la ruine de toute la famille.
Source : Gallica

Eugène Muller Madame Claude (1880)

Il m'oubliera, je l'oublierai; car l'amour est un mal que l'absence guérit, dit-on.
En se parlant ainsi, Madeleine ne s'apercevait pas que sa tendresse pour le jeune homme était encore augmentée par toutes les louanges qu'elle donnait à sa belle action.
En somme, elle trouva que l'éloignement de Simon serait pour elle la meilleure sauvegarde ; et du plus profond de son cœur, elle le bénit de lui ouvrir si héroïquement cette voie de salut.
Annette employa la nuit à méditer sur de moins consolantes pensées.
Source : Gallica

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