Jean-François Marmontel,
Contes moraux. Tome 1
(1761)
“ Tout-à-coup elle voit paroître devant la barriere les courtiers & le char de son amant : elle n'osoit en croire ses yeux ; mais bientôt un jeune homme, plus beau que l'amour & plus fier que le Dieu Mars, s'élance sur ce char brillant. C'est Alcibiade, c'est lui-même ! Ce nom passe de bouche en bouche; elle n'entend plus autour d'elle que ces mots : C'est Alcibiade, c'est la gloire & l'ornement de la jeunesse Athénienne, Erigone en pâlit de joie. Il jetta sur elle un regard qui sembloit être le présage de la victoire. ”
