Jean-François Marmontel,
Nouveaux contes moraux , par M. Marmontel…
(1765)
“ Je vous entends, dit Coraly en beissant les yeux ; je fuis pauvre & Nelson est riche ; mais mon malheur au moins ne me défend pas d'honorer , de chérir la vertu bienfaisante. Si un arbre avoit du sentiment, il se plairoit à voir celui qui le cultive se reposer fous son ombrage , respirer le parfum de ses fleurs, goûter la douceur de ses fruits : je fuis cet arbre cultivé par vous deux , & la nature m'a donné une âme. Juliette sourit de la comparaison ; mais bientôt elle lui fit sentir que rien ne feroit moins décent que ce qui lui sembloit si juste. Coraly l'écouta , rougit ”
