Jules-Berlioz d' Auriac

Résumé

Jules-Berlioz d' Auriac Les Forestiers du Michigan

La lueur disparut comme un éclair, aussi brusquement que si on l’eût plongée dans l’eau : l’obscurité sembla devenir plus noire encore.
Cependant, une voix humaine qui poussait un grognement de satisfaction tout près de lui, le rappela aux affaires urgentes : il lança à la hâte un coup d’œil autour de lui : une forme sombre flottait sur l’eau à peu de distance de sa barque. La nuit était si profonde que cette apparition fut pour Basil comme un fantôme indécis et brumeux. Cependant, il ne put en douter, c’était l’embarcation ennemie à la recherche de laquelle il était.
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Jules-Berlioz d' Auriac Les Forestiers du Michigan

Par cette nuit désolée, un être vivant s’agitait dans l’intérieur des forêts qui couvraient toute la région méridionale proche du lac Érié.
Cette créature isolée avait forme humaine ; elle trahissait son existence par le mouvement pénible et monotone de ses pieds qui gravissaient la neige pour s’enfoncer,... la gravissaient de nouveau pour s’y enfoncer encore.
C’était Basil Veghte, le robuste Yankee, l’homme de bronze, le forestier aux muscles d’acier, à la volonté indomptable. C’était l’arrière petit-fils de la vieille Europe, naturalisé fils du désert.
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Jules-Berlioz d' Auriac Les Forestiers du Michigan

L’Indienne, sans répondre, agita négativement la tête, et se détourna pour cacher des larmes qui tremblaient comme des perles au bout de ses longs cils veloutés.
Veghte lui tendait sa main loyale et dévouée : la jeune fille s’inclina sur elle, l’effleura respectueusement de ses lèvres, et bondit dans son canot.
Les lames se ridaient sous ses rames agiles et elle était loin déjà avant que Basil fut revenu à la réalité.
Longtemps il suivit des yeux la gracieuse apparition qui fuyait, bercée, par les vagues. Quand il l’eut perdue de vue :
— Les femmes sont d’étranges choses !
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