“ Soixante-quatre lieues de navigation pénible conduisent au lac Winnipeg, une véritable mer intérieure qui, avec les lacs qui en dépendent, représente une superficie à peu près égale à celle de l’Érié et de l’Ontario réunis. Nous sommes au fond d’un autre bassin, après avoir définitivement franchi les rampes inférieures du long contre-fort qui, en se prolongeant vers le nord-est, forme la charpente osseuse du Canada. Ce bassin est immense. Il s’étend, à l’ouest, jusqu’aux montagnes Rocheuses, et la seule vallée de Winnipeg ne peut être évaluée à moins de 640 000 kilomètres carrés. ”
Charles Gay
Résumé
Le Tour du monde de Charles Gay, publié au XIXe siècle, est un récit de voyage qui explore les territoires canadiens, des montagnes Rocheuses à la rivière Rouge, en passant par les prairies et les lacs. L’auteur dépeint avec précision les paysages, les enjeux de la colonisation et les interactions entre les Européens, les Indiens et les Métis.
À travers des descriptions poétiques et des réflexions sur l’agriculture, la légèreté des Métis et les difficultés de développement, Gay souligne la richesse naturelle du Canada tout en critiquant ses défis socio-économiques. Ce texte reste un témoignage vivant de l’époque.
Citations de Le Tour du monde (Charles Gay)
“ Ailleurs ce sont de grandes prairies verdoyantes, où l’on aperçoit les débris d’un campement indien. Il ne reste que la carcasse des loges, transformées par la nature en berceaux de chèvrefeuille. Des millions d’oiseaux peuplent cette vallée splendide, qu’on dirait un jardin abandonné et qu’on ne quitte qu’à regret pour s’engager sur la nappe verdâtre du lac des Bois, quels que soient la variété de ses îles et le magnifique panorama de ses côtes. ”
“ Certes, ce n’est pas la nature qui déjoue les espérances de l’agriculteur, ni le sol qui contrarie ses efforts. Il n’en est pas de plus fertile et de plus favorisé. Le maïs croît partout ; on le plante vers le 1er juin et il est mûr à la fin d’août ; j’en dirai de même du blé, qu’on récolte trois mois après l’avoir semé ; un foin d’une qualité supérieure couvre des milliers d’hectares ; les plantes potagères en usage au Canada se développent avec une vigueur peu commune sur les bords de la rivière Rouge et de l’Assiniboine. ”
