M. E. de Girardin

Résumé

M. E. de Girardin Le Tour du monde

Cette longue navigation devient fatigante et monotone ; jour après jour, nous remontons le grand fleuve, et le volume d’eau qu’il roule sur son lit de vase semble augmenter sous notre carène, les îlots de troncs d’arbres sont moins nombreux, les épais massifs de cotonniers qui bordaient les rives font place à des prairies à perte de vue et, parfois, une colonne de fumée visible à l’horizon nous indique un campement d’Indiens.
Les nuits sont brûlantes : dès que le bateau est amarré à la rive, des millions de moustiques envahissent le salon et les cabines.
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M. E. de Girardin Le Tour du monde

À quelques pas de nous, sur la rive, un groupe d’Indiens en habits de fête, la figure barbouillée de rouge, de jaune et de blanc, immobiles comme des statues, appuyés sur leurs fusils, nous examinent d’un air sombre et inquiet. Sans doute, ils se demandent ce que renferme cet immense bateau de feu, qui, l’année précédente, leur apportait le choléra, et s’il n’est pas cette fois-ci porteur d’un fléau plus terrible encore.
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M. E. de Girardin Le Tour du monde

Mais, plus nous avancions, et plus ce beau lac semblait s’éloigner ; ce n’était qu’un effet de mirage, assez commun dans les plaines de sable et connu des Indiens sous le nom d’eaux menteuses.
Ce désert, dont la longueur est de vingt lieues et la largeur de quinze, est entièrement dénué d’eau et de végétation ; on n’y trouve pas un être animé, pas un oiseau, pas même un insecte ; la chaleur y est étouffante et la réflexion d’un soleil ardent sur un sol d’une blancheur de neige produit une cécité, de courte durée, il est vrai, mais des plus pénibles.
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