“ Soixante-quatre lieues de navigation pénible conduisent au lac Winnipeg, une véritable mer intérieure qui, avec les lacs qui en dépendent, représente une superficie à peu près égale à celle de l’Érié et de l’Ontario réunis. Nous sommes au fond d’un autre bassin, après avoir définitivement franchi les rampes inférieures du long contre-fort qui, en se prolongeant vers le nord-est, forme la charpente osseuse du Canada. Ce bassin est immense. Il s’étend, à l’ouest, jusqu’aux montagnes Rocheuses, et la seule vallée de Winnipeg ne peut être évaluée à moins de 640 000 kilomètres carrés. ”
Lac Winnipeg
Définition et enjeux
Citations sur “Lac Winnipeg”
Jules de Lasteyrie,
Le Territoire de la Compagnie de la baie d’Hudson…
“ Il existe au cœur de l’Amérique du Nord une subdivision dont le lac Winnipeg peut être considéré comme le centre. Cette subdivision est, comme la vallée du Mississipi, remarquable par la fertilité du sol, par la douce ondulation des plaines et par la longueur des rivières propres à la navigation à vapeur. Le climat n’y dépasse point en sévérité celui du Canada et des états de l’est. Aucun lieu n’est plus propre à devenir le séjour de communautés nombreuses, courageuses et prospères. ”
Benjamin Sulte,
Histoire des Canadiens-français…
“ La contrée à l’ouest du lac Winnipeg renferme des îlots de bois entrecoupés de marais et de prairies. Du côté Est est un beau pays plat jusqu’au pied des montagnes que séparent le cours des eaux d’avec le lac Supérieur. Entre le lac des Bois et le lac Winnipeg il y a un autre lac où demeurent les gens de l’Aigle, ainsi nommés parce que leur lac est fréquenté par quantité d’aigles. Sur le côté ouest du lac Winnipeg sont les Assiniboels des prairies, et beaucoup plus au nord les Assiniboels des bois. Au sud est la nation des Beauxhommes, située entre les Assiniboils et les Sioux. ”
Joseph-Étienne Guinard,
Les noms indiens de mon pays
“ Située à la jonction des rivières Rouge et Assiniboine, à 40 milles au sud du lac Winnipeg, cette ville est la capitale du Manitoba. C’est le plus grand centre de blé du continent. Ses élévateurs à grain sont immenses ainsi que son marché de bestiaux. Winnipeg est également le nom d’un lac aux rives basses, qui décharge ses eaux dans la Baie d’Hudson par le fleuve Nelson. Le lac Winnipeg, qui couvrait autrefois une surface triple ou quadruple, mesure pourtant encore une étendue considérable ; il aurait une superficie de 8,500 milles carrés ”
Eugène Réveillaud, Histoire du Canada et des Canadiens français
“ Que si, en s’avançant plus à l’ouest, par-delà le lac Supérieur, dans l’immense région qui se rattache au système hydrographique du lac Winnipeg, de l’Arthabaska et du Mackenzie, la race française a à compter dès à présent avec la concurrence de la race anglo-saxonne qui a posé en même temps qu’elle, ses premiers jalons sur ces étendues, il n’en est pas moins vrai que cette immense région s’ouvre et s’ouvrira pendant longtemps encore, sans obstacle, à tous les colons et descendants de colons qu’il plaira aux Canadiens français d’y envoyer. ”
Paul d’Ivoi,
Millionnaire malgré lui
(1905)
“ Or, un mois environ après l’arrivée du Canadian en vue de la côte du Dominion, une animation inaccoutumée se produisait à la scierie de Snoll-Gate, sise dans l’isthme resserré entre la rive orientale du lac Sullivan et le gouffre d’où jaillit, impétueuse, la rivière Saskatchewan du Sud, laquelle se fond, à 600 mètres de là, avec sa sœur du Nord, pour aller se perdre de compagnie dans le lac Winnipeg. ”
Pierre Termier,
À la gloire de la terre : souvenirs d'un géologue
(1922)
“ La partie occidentale de la Laurentia canadienne, à l'ouest du lac Winnipeg, est une plaine immense qu'on appelle la Prairie et dont le sous-sol est, presque partout, constitué par les assises du Crétacé supérieur. Mais la partie orientale, à l'est du lac Winnipeg, ne montre guère, jusqu'aux abords de la Baie d'Hudson et jusqu'à ceux du Saint-Laurent, que des granités, des gneiss, des anorthosites, et des témoins clairsemés et, pour la plupart, peu étendus, de sédiments précambriens. ”
“ Il fallut renoncer à marcher vers l’ouest, et faire un détour vers le nord en suivant le cours tourmenté de l’imposante rivière Winnipeg. Un immense labyrinthe d’îles encombre la sortie du lac des Bois. Dans cette direction le paysage prend un aspect plus sévère, les rochers se dépouillent, et c’est au milieu d’un véritable chaos, par mille bras enchevêtrés dans tous les sens, que s’engouffrent les eaux du lac. Elles s’encaissent de plus en plus à mesure que la vallée se rétrécit ”
James McPherson LeMoine,
Chasse et pêche au Canada
“ D’après Sir John Richardson, la limite de son parcours, à l’est, serait une ligne tirée à l’extrémité-sud du lac Winnipeg, à la Saskatchewan, 103° degré de longitude ; de là, au point où elle rencontre la rivière Elk, dans le 111° degré. On ne le voit que rarement sur les Monts Alleghany. Dans cette province, ce qu’il nous en reste, ce sont ses os et son bois grandiose enfouis sous terre, au fond des forêts. ”
Pierre Jean Baptiste Duchaussois, Aux glaces polaires
“ Voici, continue le Père Petitot, l’énumération des lacs et des rivières que l’on suit durant cet itinéraire qui, à lui seul, peut déjà être considéré comme un très long voyage : rivière Rouge, lac Winnipeg, rivière Saskatchewan, lacs Travers, Bourbon et Vaseux, rivière du Pas, lacs Cumberland et des Épinettes, rivière Maline, lac Castor, rivière la Pente, lacs des Îles, Héron, Pélican et des Bois, Portage du Fort-de-Traite, rivière des Anglais (Churchill) , lacs de l’Huile, d’Ours, Souris, Serpent, du Genou, Primeau et de l’Île-à-la-Crosse. ”
“ Ce qu’elle devrait en receler de ces mystères, cette contrée sans mesure que dessine le bastion méridional de la Baie d’Hudson, de la ligne du partage des eaux, à partir de la montagne du Cheval, jusqu’à la vallée du lac Saint-Jean, d’un côté, et les bassins des lacs Winnipeg et Nipigon, de l’autre. Territoire illimité, incommensurable, qu’alimentent des rivières qui sont des fleuves coulant de lacs en lacs, à travers des forêts sans limite !... ”
Amateur-Étienne Hervé, Voyages dans les glaces du pôle arctique à la recherche du passage Nord-Ouest… (1854)
“ La troisième et dernière zone des terres arctiques , formée des plaines de la rivière Rouge , du double bassin du Saschatchewan et des vallées qui s' inclinent des flancs des Montagnes Rocheuses vers le grand Océan , au nord de la Columbia , possède seule le germe d' un avenir agricole . Les prairies qui se déroulent au sud-ouest du grand lac Winnipeg , où se groupent déjà plusieurs milliers de colons sédentaires , peuvent être considérées comme la Provence des solitudes du nord-ouest américain . ”
Benjamin Sulte,
Histoire des Canadiens-français…
“ La carte de Jefferys (1762) marque le fort la Reine au même endroit, mais le lac Manitoba prend le nom de lac des Cygnes ; l’Assiniboine est appelé Saint-Charles [7] ; la rivière Saint-Pierre [8] s’y déverse. Cette nouvelle étape complétait l’occupation du territoire de la province actuelle de Manitoba. Par l’Assiniboine, le fort de la Reine se ralliait au fort Rouge, et ce dernier communiquait, par la rivière Rouge et le lac Winnipeg, avec le fort Maurepas, ou par les terres avec l’angle nord-ouest du lac des Bois. ”
Benjamin Sulte,
Histoire des Canadiens-français…
“ D’après les mêmes cartes, le lac Almepigon est entouré de cabanes, nord, est et sud ; le lac des Assénipoils communique, par la rivière de Bourbon, avec la baie d’Hudson, ce qui est correct puisque ce lac est celui de Winnipeg ; du poste des Trois-Rivières jusqu’au lac, il n’y a pas de chemin de tracé, comme on en voit ailleurs sur les mêmes cartes. À l’ouest du lac est le pays non visité ; il y a l’indication d’un bout de rivière « dont le commencement et la fin ne sont pas connus » ”
Joseph-Étienne Guinard,
Les noms indiens de mon pays
“ Racines : Win : sale ; pew : eau ; sis : diminutif. Winnipegosis est le nom d’un lac peu profond, long de 125 milles et large de 20, situé au nord du lac Manitoba et communiquant avec lui par la rivière Waterhen. Winnipegosis est aussi le nom d’une paroisse de l’archidiocèse de Winnipeg. WYKESWykes (belle-angélique) Tête-de-Boule. Nom d’une gare du Canadien National, province de Québec. La belle-angélique est l’acorus calamus des botanistes, plante médicinale en grand renom parmi les Indiens d’Amérique, Sa racine pique la langue et augmente la salive. ”
Frères des écoles chrétiennes, Géographie-atlas du cours supérieur… (1910)
“ Fleuves, affluents et lacs. Le Mackensie, 3700 km, prend sa source au mont Brown dans les nunts Rocheux, sous le nom d'Athabasca, traverse le lac Athabasca, puii le lac des Esclaves, reçoit les eaux du lac du Grand-Ours (ou lac des OJIS) et forme un delta en se jetant dans l'océan glacial. Le Nelson sort du lac Winnipeg; il a pour cours supérieur d :ux grandes rivières : à l'O., le Saslwtcltewan, qui descend des monts Rocheux; au S., la Rivière Rouge, qui naît près des sources du Mississipi. ”
Joseph-Étienne Guinard,
Les noms indiens de mon pays
“ Manitoba est le nom d’un lac mesurant 120 milles de longueur et 25 de largeur. En octobre 1738, De la Vérendrye attribua à ce lac le nom de lac des prairies. Ce nom convient parfaitement à ce lac plat, à rives basses et dont la profondeur moyenne est de 13 pieds, qui se répand par de petites rivières dans les lacs Winnipeg et Winnipegosis. Le Manitoba est la province centrale du Canada. C’est une immense plaine fertile et riche en terrains miniers. Deux grands fleuves la traversent dans toute sa largeur, le Churchill et le Nelson. ”
Conrad Malte-Brun,
Précis de la géographie universelle…
(1862)
“ La même circonstance produit dans l'Amérique septentrionale un nombre infini de lacs. Ceux de Y Esclave, à'Assiniboil, de Winnipeg , sont environnés d'une centaine d'aulrps, et de plusieurs milliers de petits, bordé de petites crêtes de rochers. Le terrain devient moins aquatique en avançant au sud ; cependant, le lac Supérieur, le Michigan, YJluron, YErié et l'Ontario forment, dans le Canada, comme une mer d'eau douce, dont le surplus se précipite, par le fleuve Saint-Laurent, dans les flots atlantiques. L'Amérique méridionale, sous un climat plus ardent, voît ses lacâ ”
“ La route nous reprend pour nous conduire le long de vallées et de canyons, à travers des montagnes ocrées qui bordent l’horizon comme d’un arcen-ciel, jusqu’à la Columbia vers laquelle dévalent des lacets sablonneux. La rivière élargie forme le lac Windermere. De chaque côté s’élancent librement des chaînes bleues, veinées de blanc. Le soir, le soleil meurt sur un dernier pic rose. Les monts s’assombrissent et le lac éclaire l’intimité de la nuit. ”
Léonce Élie de Beaumont,
Rapport sur les progrès de la stratigraphie
(1869)
“ Il traverse ensuite des régions sans topographie certaine, où il rase l'extrémité septentrionale du grand lac Winnepeg et par lesquelles il arrive à la baie d'Hudson. Tracé sur les cartes de l'Hydrographical Office 1, il entre dans cette mer intérieure en franchissant à son embouchure la rivière Savent , et il en sort en coupant la plus méridionale des petites îles Rocky. ”
Gaston Archambeaud, Exposition universelle de 1900… (1893)
“ Toutes les merveilles de la nature semblent réunies en ce coin de terre, inconnu encore il y a quelque cinquante ans. Chicago est assise au bord d'un immense lac, presque une mer, le lac Michigan; et ce lac fait suite lui-même aux autres lacs aussi merveilleux, lac Huron, lac Érié, lac Ontario. Il est facile de voir tout le parti que l'on peut tirer d'une telle situation géographique. Quel attrait puissant pour les touristes que cette suite de mers intérieures qui n'ont d'autre issue que le Saint-Laurent, qui porte à l'Océan le trop-plein de leurs eaux! ”
Arthur Buies,
Récits de voyages
“ Les cinq grands lacs canadiens, tout vastes qu’ils soient, ne baignent qu’une région comparativement petite ; ils sont comme enserrés dans le bassin profond, creusé entre les plateaux d’où les rivières du Nord-Ouest coulent vers le nord, et celles des États-Unis coulent vers le sud. Quant aux rivières qui se déchargent dans les lacs, il n’y en a pas une qui vaille la peine d’être nommée. Après avoir dépassé l’île d’Amherst, nous nous trouvâmes en plein dans le lac Ontario, désormais libre de tous les obstacles qui pouvaient diminuer sa large expansion. ”
James Fenimore Cooper,
Le Lac Ontario
“ Il faisait presque nuit quand Mahel se trouva dans le canot qui devait la conduire à bord du cutter. La surface du lac était si tranquille qu’on n’avait pas eu besoin de faire entrer les bateaux et canots dans la rivière pour y prendre leur fret, et tous les embarquements se firent sur le rivage du lac où l’eau était aussi unie que celle d’un étang. On ne pouvait y remarquer la respiration de l’Océan et la palpitation de son sein, comme Cap l’avait dit ; car l’Ontario est tout différent en cela de la mer, et le vent ne l’agite pas sur un point tandis que le calme règne sur l’autre. ”
James Fenimore Cooper,
Le Lac Ontario
“ L’Amazone, l’Orénoque, la Plata, sont des rivières, et pourtant on ne peut voir à travers. — Écoutez-moi, Pathfinder ; je doute fort que cette languette d’eau soit même un lac ; elle me paraît n’être qu’une rivière. Je vois que vous n’êtes pas très-forts en géographie dans vos bois. — C’est vous qui vous trompez en cela, maître Cap. Il y a une rivière, et une noble rivière à chaque bout du lac, mais l’eau qui est devant vous est l’Ontario ; et quoiqu’il ne soit pas dans ma nature de vivre sur un lac, il y en a peu, à mon avis, qui valent mieux que celui-ci. ”
François-Xavier Garneau,
Histoire du Canada
“ Il prit la route de la rivière des Outaouais, parvint jusqu’au lac Nipissing, à environ 60 lieues au nord-est du lac Huron, puis descendant vers le sud, il arriva sur les bords du lac Ontario à la fin de juillet. Il est le premier Européen qui ait contemplé cette mer douce, comme il l’appelle, ce lac océanique que ne sillonnaient encore que les fragiles esquifs de l’Indien, qui ne réfléchissait que les sombres forêts de ses rives solitaires ; mais qui devait baigner dans la suite tant de villes florissantes, et porter sur son sein les plus gros navires qu’ait inventés l’industrie humaine. ”
Georges Demanche, Au Canada et chez les Peaux-Rouges
“ Lorsque le jour paraît, le paysage a complètement changé. Nous sommes dans la prairie et le regard s’étend presque à l’infini ; le sol est fertile et cultivé, quoique les fermes et les villages soient encore rares. Bientôt apparaissent des groupes de constructions ; nous passons la rivière Rouge sur un pont de fer, qui sert en même temps aux voitures, et nous sommes à Winnipeg, capitale du Manitoba. ”
Franz Schrader, Éléments de géographie : cours supérieur (1890)
“ Les principaux fleuves sont : le Saint-Laurent, l'tludson, la Delaware, le Potomac. Le Saint-Laurent n'a pas, pour ainsi dire, de source; il est déjà immense au moment où il sort de cinq grands lacs, formant la plus grande nappe d'eau douce qu'il y ait sur le Globe. Ces lacs se déversent l'un dans l'autre. Ce sont : le lac Supérieur, voisin des sources du Mississipi, le lac Michigan, le lac Huron, le lac Érié, le lac Ontario. Entre les deux derniers se trouvent les célèbres cataractes du Niagara. Le Saint-Laurent, sorti du lac Ontario, ressemble à un bras de mer parsemé d'îies nombreuses. ”
Philippe Deschamps, Vingt mille lieues à travers le monde… (1900)
“ Nous embarquons sur le bateau Pasport avec soixante Indiens qui retournent dans leur Réserve. Le voyage dure trente heures ; elles s'écoulent bien rapidement grâce à la variété des sites pittoresques qui se déroulent à nos yeux ; l'eau du lac a la pureté du cristal. Le lac Ontario, de 120 mètres de profondeur, serpente au milieu de ravissants bouquets de verdure, de gracieux îlots, où simultanément les villas d'été et les hôtels, pendant la saison, attirent une foule de Canadiens riches, désireux de vivre loin des affaires, livrés à la méditation et au repos. ”
André-Napoléon Montpetit, Poissons d’eau douce du Canada
“ Le type le plus répandu que l’on rencontre dans les grands lacs est brun ou gris moucheté de nuances plus vives des mêmes teintes. Ces modifications protéennes ont induit les naturalistes en erreur. Il est hors de doute que le namaycush du nord, le togue ou tudadi du Maine, des sauvages et des bûcherons du Nouveau-Brunswick, du nord de la province de Québec, le siscowet ou siskawitz du lac Supérieur, la truite du lac Winnipiseogee, et celle des lacs Adirondacks, ont été, chacun d’eux, honorés d’un binôme particulier. ”
John Tanner, Mémoires de John Tanner
“ Nous nous dirigeâmes d’abord vers le lac des Bois, les Indiens l’appellent Pub-be-kwaw-waug-gaw-sau-gi-e-gun (le lac des Collines de sable ) . Je ne comprends pas le nom qu’il a reçu des blancs, car le bois n’est pas très commun dans ses environs. La violence des vents nous fit courir bien des dangers ; les vagues battaient notre canot avec tant de force, que je suffisais à peine, avec une grande chaudière, à vider l’eau à mesure qu’elle pénétrait. A la fin de l’année, nous arrivâmes au lac d’Eau bourbeuse, que les blancs nomment lac Winnepeg (30) . ”
