“ Calme devant nous chaque mer qui t’appartient sur la terre et dans le ciel, dans le monde sensible et dans le monde invisible, et la mer de cette vie et celle de l’autre vie. Assujettis-nous toutes choses, ô toi qui possèdes toutes choses. ”
Mer intérieure
Définition et enjeux
Citations sur “mer intérieure”
Guglielmo Ferrero,
Revue des Deux Mondes
“ Entre cette lumière qui montait au ciel et cette ombre qui s’abimait dans la mer, devant l’immense solitude des eaux qui coulaient à notre gauche comme un fleuve, nous causions doucement, à voix basse, en nous interrompant de temps à autre pour contempler les flots. ”
Virginie Hériot,
Une âme à la mer
“ À regarder la mer avec ses houles et ses vague, à scruter l’horizon, à observer les rivages et le ciel, comment voulez-vous que ces yeux ne s’imprègnent pas de reflets, que ce regard ne se charge pas de rêves et ne devienne pas lointain ? ”
Alfred Moquin-Tandon,
Le monde de la mer
(1866)
“ L’agitation et l’inconstance de la mer semblent s’empreindre, sur les êtres qui vivent au milieu de ses ondes, dans la souplesse, la rapidité et la vivacité de leurs allures. Que d’harmonies ravissantes dans le sein de l’Océan! ”
André Lazare, Souvenirs de voyages : un mois en Bretagne… (1857)
“ Le ciel est étincelant d'étoiles; la mer, que ne ride aucun souffle de vent, n'a que ce balancement profond qui ressemble à la respiration d'un monstre; autour de nous mille vaisseaux sommeillent sur les vagues, et le nôtre, endormi sur ses chaînes, est bercé par les flots comme un enfant par sa mère ”
Albert Mérat,
Anthologie des poètes français contemporains
“ Une mer fine et délicate, Ils tendent vers l’espace amer Leur radieuse clarté mate. Ils ont des voix et des regards ; Et, lorsque monte la marée, Ils cherchent si les étendards Ne flottent pas vers la Morée. ”
J.-M. Dargaud, Le Tour du monde
“ Oui, dans toute la nature, ce qui m’a le plus impressionné, c’est la mer. Dans son calme, elle fait comprendre l’harmonie universelle ; dans ses orages, elle fait comprendre le chaos et les révolutions des siècles. ”
Édouard Grenier,
Poèmes épars
(1889)
“ La mer est à nos pieds; jusqu'aux confins des cieux Elle déroule en paix ses flots silencieux ; Une lumière pure, éclatante, éthérée, Tombe d'un ciel d'azur sur la terre altérée, Qui sourit cependant d'un printemps éternel; Les grands monts aux flancs verts, au profil solennel, Majestueusement groupant leurs lignes noires, S'allongent dans les flots en mornes promontoires. Tout est fleurs et parfums, rayons, splendeur, beauté, Et l'àme à ce bonheur qui vient de tout côté, D'une douce langueur et d'extase saisie, Prend dans cette lumière un bain de poésie. ”
Georges Lafenestre,
Oeuvres de Georges Lafenestre. Poésies…
(1889)
“ La Mer, la grande Mer, désormais trop petite, Ne peut plus contenir l'âme ardente qu'irrite Tout obstacle et toute prison; Le vent joyeux et fort qui déploira nos ailes Monte; il ne souffle plus qu'aux plaines éternelles Des firmaments sans horizon. ”
Jacques Normand, Les Moineaux francs (1887)
“ Qui se dresse droit sur le flot, À pleines voiles Nous cinglons, au petit matin, Par un ciel d’un gris incertain Semé d’étoiles. La mer est dure et le vent frais. On va, naviguant au plus près ”
Ezenn Moor, Brises de mer (1927)
“ Nous parcourons les mers et chantons nos refrains Qui font battre le flot et le coeur des marins Qui rêvent du rivage où le phare s'allume. Nous les chantons, tout bas, la mer vierge d'écume, Ailes douces, nous éployant aux ciels sereins. Nous les chantons, plus haut, et libres de tous freins, Dans nos brusques réveils, à la vague qui fume. Des mers aux continents, à travers plaines, monts. Par nos heurts et nos bruits, si nous vous alarmons, Soyez plus confiants, entr'ouvrez-nous vos portes. ”
Auguste Barbier,
Iambes et Poèmes
(1898)
“ Qui tient dans ses bras l'univers, Qui le ventre au soleil, comme la nymphe antique, Livre à qui veut ses flancs ouverts ! C'est la mer ! c'est la mer ! — d'abord calme et sereine, La mer, aux premiers feux du jour, Chantant et souriant comme une jeune reine, La mer blonde et pleine d'amour ; La mer baisant le sable, et parfumant la rive Du baume enivrant de ses flots, Et berçant sur sa gorge ondoyante et lascive Son peuple brun de matelots ; Puis la mer furieuse et tombée en démence, Et de son lit silencieux Se redressant géante, et de sa tête immense Allant frapper les sombres cieux ”
“ Avec quelle volupté de marin surtout, je respirais, pour la première fois, ces parfums de la mer, et cet air tiède que la brise constante des tropiques imprègne d'une saveur si douce! Quelles nuits délicieuses on passe sous ces latitudes que le soleil aime tant et qu'il éclaire avec une pompe et une majesté inconnues à nos tristes climats! Quelle sublimité dans ces scènes paisibles et animées de la nature! Tout, sur ces mers fortunées, devient un spectacle ravissant pour l'oeil, l'esprit et le coeur. ”
Henri Pasquier, Notes d'un voyage autour du monde… (1906)
“ La mer, comme un œil limpide, reflète la couleur de tous les objets qui l'approchent et qui se mirent dans son cristal : des arbres, des montagnes, du sol de ses rivages, des nuages qui volent sur son sein, du soleil qui la réchauffe, de la lune et des étoiles qui éclairent ses nuits, du firmament bleu qui l'entoure et lui fait un ciel de lit pour son sommeil, quand elle est calme. ”
Eugène Loudun, La Bretagne. Paysages et Récits
“ La mer semble tenir sa vie d'elle-même, elle nous fascine, et nous la regardons avec une insistante insatiabilité, comme si, par cette contemplation tenace, nous allions saisir le secret de la vie infinie, l'arrêter et la fixer. ”
Léocadie Penquer,
(Oeuvres posthumes). Mes nuits…
(1891)
“ Nous regardions la mer... et, l'âme tourmentée, Moi je la regardais dans l'épouvantement... Toi, tu disais : « La mer est l'image profonde Des tempêtes du coeur, de la vie et du monde. La mer est un enseignement. La mer a, dans sa voix émue et murmurante, Pour tous les deux, ce soir, une note enivrante. Elle semble nous dire avec joie : « Aimez-vous ! Unissez vos désirs, unissez vos poitrines ! Tels mes flots enlacés, aux haleines divines, Si voluptueux et si doux! » ”
Jules Boissière, L'Indo-Chine avec les français
“ La mer, sans frisson, les sables stériles qu'invinciblement on se prend à supposer infinis en profondeur comme en largeur, la terre inhabitable pour l'homme, comme la mer, la mort partout, et sur cela, pour le teindre de couleurs éclatantes et l'imprégner de rayons, l'indifférente lumière, éclairant ce splendide royaume de la Désolation et de la Mort... ”
Victor Hugo,
Les Contemplations
“ Poëte au triste front, Tu rêves près des ondes,Et tu tires des mers bien des choses qui sont Sous les vagues profondes!La mer, c'est le Seigneur, que, misère ou bonheur, Tout destin montre et nomme;Le vent, c'est le Seigneur; l'astre, c'est le Seigneur; Le navire, c'est l'homme.» ”
“ La mer ! partout la mer ! des flots, des flots encor. L’oiseau fatigue en vain son inégal essor. Ici les flots, là-bas les ondes ; Toujours des flots sans fin par des flots repoussés ; L’œil ne voit que des flots dans l’abîme entassés Rouler sous les vagues profondes. Parfois de grands poissons, à fleur d’eau voyageant, Font reluire au soleil leurs nageoires d’argent, Ou l’azur de leurs larges queues. La mer semble un troupeau secouant sa toison : Mais un cercle d’airain ferme au loin l’horizon ; Le ciel bleu se mêle aux eaux bleues. * — Faut-il sécher ces mers ? ”
“ Des nuées d’oiseaux de mer, étonnés de voir troubler leur solitude, tournoyaient autour de nous, et se disputaient en criant les débris d’alimens que les flots entraînaient du navire. La marée, en se retirant, l’inclina sur le côté. ”
Gaston Deschamps,
Le rythme de la vie
(1906)
“ Attentive au soupir des flots, tu crois entendre Dans les voix de la mer un son plaintif et tendre ; Oh ! ne résiste pas à ce charme vainqueur ; Laisse palpiter, sans comprendre, Ton cœur. CLAIR DE LUNE SUR LA MER Nuit transparente. Nuit très douce. Nuit d'étoiles Et d'aromes épars dans la tiède clarté ; Un cantique d'amour, une blancheur de voiles Montent du golfe pâle au firmament lacté. Horizons bleus, dont la flottante perspective Ouvre les profondeurs vagues de l'Infini ; Mystère obscur où s'égare l'âme craintive Comme un oiseau qui tremble en s'envolant du nid. ”
Maurice Renard,
Monsieur d’Outremort et autres histoires singulières
“ Vous ne savez pas quelle émotion j’éprouve en face de cela, qui est la mer adolescente, — cela, qui est la mer des premiers temps du monde, si proche encore de l’âge primordial où la Terre n’était qu’une mer !... Toute vie sort de là. Rien de ce qui respire et palpite ne vient d’ailleurs que de l’océan maternel qui semble lui-même respirer et palpiter comme une multitude de poitrines fluides... ”
Frédéric Harrison, John Ruskin
“ Du centre de cette douce lumière incertaine, ils vont et se mêlent aux pâles étoiles et montent dans la splendeur d’un ciel sans limites qui mire ses yeux bleus et tristes dans les eaux profondes de la mer — de cette mer dont la tranquille et silencieuse transparence brille d’une lueur phosphorescente émanant de sa sérénité de saphir comme des songes légers émanent d’une âme endormie. ”
E. Caro, La Philosophie de Goethe. — V.…
“ La lumière éclaire l’eau salée, et l’eau vit. Toute vie vient de la mer, jamais du continent. Toute la mer est vivante. C’est un organisme mouvant qui toujours s’élève et retombe sur lui-même... L’amour est sorti de l’écume de la mer... Les premières formes organiques sortirent des endroits mouillés par la mer, là les plantes, là les animaux. L’homme même est un enfant de la mer humide et chaude, là où elle s’attiédit, près de la terre. ”
Alphonse Brown, Voyage à dos de baleine : aventure du capitaine Bob Kincardy (1876)
“ Supposez qu'un homme relégué dans une terre inhospitalière et aride, soit transporté sans transition sur le bord de J'Océan. Si la poésie n'existait pas, dès ce jour elle serait trouvée. La mer est la plus admirable manifestation de Dieu. Dans son immensité, le mouvement et la couleur varient sans cesse. ”
O. V. de L. Milosz,
Ars magna
(1924)
“ Physiquement, le cosmos court tout entier en nous : mais si la mer primitive, qui fut l’un de nos premiers habitats et dont la respiration règle encore celle de notre cœur, se souvient, nous, nous avons oublié. ”
Paul-Émile Debraux, Voyage a Sainte-Pélagie, en mars 1823… (1823)
“ La mer, qui se fend à son approche et se referme derrière lui, fait entendre, en entr'ouvrant et dérobant la profopdeur de ses abîmes, une espèce de gémissement qui ressemble aux plaintes d'une ombre errante dans le vague des airs. ”
Virginie Hériot,
Une âme à la mer
“ La Mer — et c’est à travers des hublots que je regarde la vie maintenant lointaine. Je suis à bord, ce matin, d’une Aile et mon âme déborde de poésie. Un lyrisme me monte du cœur aux lèvres et je voudrais inventer et choisir les plus beaux mots du monde qui s’adresseraient au soleil qui miroite sur la mer, puis penchée vers elle, lui dire combien je l’aime. La bonté est la seule beauté de la vie. ”
Léon Pamphile LeMay, Les gouttelettes
“ Avec la vague sombre et les flocons d’écume, On entend se briser la chanson des marins. La vie est une mer souvent bouleversée, Et les hommes s’en vont — éternels pèlerins — Chantant avec les vents pendant la traversée. ”
X. Marmier, Revue des Deux Mondes
“ Oh ! oui, quiconque s’est une fois livré à tes caprices, ô mer terrible et charmante, voudra s’y livrer toujours ! et quiconque du haut d’un navire, a dans ses rêveries prêté l’oreille à ton murmure, croira toujours entendre, dans le soupir du vent, dans le choc de tes flots, une voix mystérieuse qui l’attire et lui parle des pays lointains. ”
Charles Delon, Les peuples de la terre (1890)
“ Existence combien différente de celle du marin, du vrai marin de la mer, sur son rapide et puissant navire de haut bord, luttant, à force d'énergie tendue, de science, d'audace, contre les vents et les flots, traçant, comme une ceinture, son victorieux sillage autour du monde ”
Jean de La Ville de Mirmont,
L’Horizon chimérique
“ La mer est infinie et mes rêves sont fous. La mer chante au soleil en battant les falaises Et mes rêves légers ne se sentent plus d’aise De danser sur la mer comme des oiseaux soûls. Le vaste mouvement des vagues les emporte, La brise les agite et les roule en ses plis ; Jouant dans le sillage, ils feront une escorte Aux vaisseaux que mon cœur dans leur fuite a suivis. Ivres d’air et de sel et brûlés par l’écume De la mer qui console et qui lave des pleurs, Ils connaîtront le large et sa bonne amertume ; Les goëlands perdus les prendront pour des leurs. ”
Sénèque le Jeune,
Œuvres complètes de Sénèque le Philosophe
“ Elle étudie la terre d’abord et sa position, puis se demande ce qu’est cette mer, qui enceint notre globe, et d’où vient l’alternance de ses flux et reflux ; elle saisit le secret des effrayantes scènes qui remplissent l’intervalle des cieux à la terre ”
Jean Lacou, Oeuvres complètes (1869)
“ Les flots se briser aux rescifs, Voir glisser sur les eaux de légères nacelles, Un essaim de goélands qui, déployant leurs ailes, Jettent en l'air des cris plaintifs. Voir les galets au loin qui brillent sur le sable, L'horizon de la mer paraître insaisissable, Les grands sommets des monts et vagues et obscurs. Ecouter de la mer le cri rauque et sauvage, Voir un navire au loin brillant dans un mirage, Voguer, se balancer entre deux champs d'azurs. Contempler dans la nuit une mer calme et grise. Voir les eaux se rider au souffle de la brise, Les étoiles briller aux cieux. ”
Apollonios de Rhodes, Les Petits poèmes grecs
“ La mer est agitée, l’onde écume et frémit sous leurs puissants efforts, les armes étincellent aux rayons du soleil, de longs sillons blanchissants, semblables aux sentiers qu’on distingue à travers un champ couvert de verdure, marquent la trace du navire. ”
Pierre Marge, Voyage en automobile dans la Hongrie pittoresque
“ La mer qui anoblit les paysages les moins beaux, qui embellit encore les tableaux les plus merveilleux. La mer qu'on salue toujours avec joie, qu'on quitte avec regret et dont il se dégage je ne sais quel fluide mystérieux sachant impressionner toutes les âmes, même les moins poétiques. ”
“ Ô mer prodigue, apprends à ton cœur l’avarice. Ne souffle pas si fort vers les avides cieux Ces vivantes vapeurs qu’un jour nos tristes races Y chercheront en vain pour rafraîchir leurs yeux. Ne dilapide plus le trésor de tes grâces À l’espace, au soleil, au vent, au sol voleur Qui le boivent sans fin de leurs lèvres voraces. Ô mer, que ton printemps se garde dans sa fleur ! Ô mer, ne hâte point l’heure du noir mystère Où dans l’exhalaison de ton suprême pleur S’envoleront notre être et l’âme de la terre ! ”
George Lafenestre, Revue des Deux Mondes
“ Dans ses toiles silencieuses où ne se montre presque jamais ni un bateau, ni un homme, la mer devient un être vivant d’une physionomie si nette, ni marquée, si particulière, qu’on se sent disposé à lui attribuer un état d’âme très défini. ”
Johann Wolfgang von Goethe,
Théâtre de Goethe
“ Son aspect donne aux anges la force, bien que nul ne le puisse approfondir. Les œuvres sublimes, incompréhensibles, sont admirables comme au premier jour. GABRIEL. Et avec une inconcevable vitesse circule la terre magnifique ; et la clarté du paradis alterne avec la ténébreuse, l’horrible nuit ; la mer écume, en larges courants, à la base profonde des rochers ; et rochers et mers sont emportés dans la course rapide, éternelle, des sphères. ”
Hippolyte Taine,
Carnets de voyage
“ Nous nous sommes baignés ; la mer porte le corps ; un sable uni accueille les pieds. En voyant les membres se mouvoir si facilement dans l’eau, on pense aux félicités antiques. Le soleil a beau être dans son plein, la brise et la fraîcheur de la mer le tempèrent. ”
Adolphe Retté,
La maison en ordre
(1923)
“ La mer, nous en longerons, à pas lents, le rivage. Ses flots miroitants, son balancement infini, sa face changeante, selon l’heure, nous seront des modèles pour varier nos cadences. Le sillage des navires, les traînées d’ombre violette que dessinent les courants, nous les transposerons dans nos vers. Et, de même qu’aux profondeurs dorment des richesses englouties, des nacres et des perles, de même, nos strophes recéleront, sous le prestige mélodieux des rythmes, des trésors de douleur, de joie et de rêve. ”
Henri Escoffier,
Les femmes fatales. Chloris la goule
(1878)
“ La mer, toujours la mer; c'est un beau, un sublime spectacle. Se sentir suspendu comme un atome entre l'immensité d'en haut et l'abîme d'en bas, et se maintenir en équilibre par la force du génie et de la volonté ! ”
André Chevrillon,
Dans l’Inde
(1891)
“ Tout alentour, le disque de la mer, d’un bleu étonnant, tout brûlant par tribord comme une plaque ardente... Rien que l’eau stérile enflammée, livrée à la fureur du soleil embrasant, du Seigneur qui, là-haut, dévore le ciel, peuple l’espace de son rayonnement, rien qu’une splendeur infinie et morne, rien que ces forces brutes, la chaleur et la lumière, rien que des choses éternelles dont l’indifférence accable. ”
