Albert Mérat

Élements biographiques

Portrait de Albert Mérat Albert Mérat Le Parnasse contemporain/1869

Transparaissent plus loin le ciel, la terre, l’eau :
Car le fleuve déroule au pied des bois tranquilles
Ses anneaux lumineux & longs entre les îles,
Et semble, au dernier plan, un mince serpent d’or.
Une vapeur de nacre, où blanchissent encor
Les fleurs peintes d’hier, presque déjà séchées,
Qu’avril de ses pinceaux riants avait touchées,
Semble continuer la pente du chemin ;
Et, d’une lieue, on croit toucher avec la main,
Modelant l’horizon sur les collines blondes,
Le velours ondoyant des verdures profondes.
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Portrait de Albert Mérat Albert Mérat Triolets des Parisiennes de Paris

TRIOLETS DES BELLES MORTES OU DES MORTES D’AMOUR
Elles fleurissaient de mon temps
Et c’étaient les belles des belles,
Voici plus de quelques instants ;
Elles fleurissaient de mon temps.
Leur grâce, honneur de mes vingt ans,
Ne connut pas de cœurs rebelles.
Elles fleurissaient de mon temps
Et c’étaient les belles des belles.
La mort, épargnant la beauté,
A pris beaucoup de ces chéries ;
Comme on fauche les fleurs d’été
La mort épargne la beauté.
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Portrait de Albert Mérat Albert Mérat Anthologie des poètes français contemporains

D’autres, dont l’art moins haut n’a pas connu l’enfer
De l’orgueil, soldats forts près des grands capitaines,
Ont passé comme va l’eau paisible aux fontaines,
Comme vont les doux bruits se perdre dans la mer.
Une religion de Grèce était qu’un temple
Fût aux dieux inconnus dressé. Le ciel est ample,
Et l’on n’offensait pas Aphrodite aux seins nus !
Ainsi ferai-je d’eux que plus rien ne renomme :
Pour ravir leur mémoire aux vains oublis de l’homme,
Je dresserai ces vers aux maîtres inconnus.
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