Albert Mérat

Albert Mérat

Résumé

Portrait de Albert Mérat Albert Mérat Les Chimères

Les cieux ont la clarté solide du cristal.
Pas d’air. Sous les rocs nus dont la côte est bardée
La mer dort aujourd’hui, brûlante et débordée
Ainsi qu’une coulée épaisse de métal.
On n’entend que le son triste et comme fatal
Du bois rude qui bat l’onde à la peau ridée,
Par le temps et la mer la rame corrodée
À l’uniformité du mouvement vital.
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Portrait de Albert Mérat Albert Mérat Les Chimères

Pour peu que le vent tombe ou saute, il faut la rame.
On part, à jeun souvent. C’est l’été, c’est l’hiver ;
C’est la pluie ou bien c’est, rougissant le flot vert,
Le soleil qui vous brûle au vif avec sa flamme.
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Portrait de Albert Mérat Albert Mérat Les Chimères

Ils rêvaient, et le soir dilatait leurs pupilles,
Sans que, dans son éclat tempéré de langueur,
La prunelle semblât perdre de sa langueur.
Tes grands yeux relevaient la clarté fugitive :
La lumière reçue jaillissait plus vive.
Le blanc pâle et teinté d'un azur innocent
Faisait un cadre mat au globe éblouissant.
Tes yeux aimés jetaient des lumières dans l’ombre.
Ton radieux regard croisant mon regard sombre,
J’ai surpris dans ce ciel incomparable et beau
L’âme qui, palpitante, est là comme une flambeau
Pour éclairer la nuit étrange de ma vie
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