André Theuriet

André Theuriet

Résumé

Portrait de André Theuriet André Theuriet Les Élégies du Travail

Qui laissent le dégoût au lâche qui les paie
Et souillent à jamais la femme qui les vend.
Qui l’aimerait ? — Un pauvre et rude mercenaire ?
Mais l’amour prend du temps, et chaque instant perdu
Coûte un morceau de pain ; l’amour est défendu
À qui soir et matin lutte avec la misère.
Non, elle traînera ses jours laborieux
Dans son réduit glacé, sans enfans, sans caresse,
Jusqu’à l’heure où, tombant sous son faix de détresse,
Aux clartés de ce monde elle clora ses yeux.
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Portrait de André Theuriet André Theuriet Les Élégies du Travail

La nuit vient, dérobant victime et meurtrier.
Le tisserand pensif retourne à son métier.
Quoi ! partout la douleur à sa proie acharnée,
Et la vie à la mort à jamais enchaînée !
Il songe longuement à ce qu’il vient de voir.
Lui du moins ne doit pas au meurtre son pain noir ;
Sa rude pauvreté ne fait pas de victime.
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Portrait de André Theuriet André Theuriet Les Élégies du Travail

Et dans l’épais taillis, des rossignols sans nombre
Répondent à sa voix.
Il grimpe, ivre de chants et d’odeurs printanières,
Sur un hêtre géant dont les branches dernières
Dominent tout le bois.
Le voilà se berçant dans l’arbre qui s’incline !
L’air de la nuit de mai dilate sa poitrine
Et court dans ses cheveux ;
Le ciel est sur sa tête, et sous ses pieds murmure
Et mollement frissonne une mer de verdure
Aux flots mystérieux.
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