Résumé

Portrait de André Theuriet André Theuriet Poésie. — La Fille du Tonnelier

Un soir, devant son feu dont les rouges flammèches
Étoilaient l’âtre noir, Jean-Maurice fumait,
Écoutant tout rêveur le bruit des feuilles sèches
Que le vent, dans la cour, en tourbillons poussait ;
Tout à coup du marteau retentit la voix forte.
Il ouvrit; un vieillard, Jacque, était à la porte,
Jacques le tonnelier. « Vous êtes médecin,
Dit-il ; si nous tardons, ma fille sera morte.
Hâtez-vous! » Calme et froid, Jean suivit son voisin.
Hélas! on meurt d’amour tout comme on meurt de faim.
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Portrait de André Theuriet André Theuriet Poésie. — La Fille du Tonnelier

Et d’une faible voix du fond du cœur partie
Elle fit lentement à Maurice interdit
Ce solennel aveu que lui seul entendit :
— « Docteur, ce mal affreux où se perd ta science,
C’est un mal que ton art ne guérira jamais;
Dieu te garde toujours de semblable souffrance !
Je meurs, cruel enfant, parce que je t’aimais. » —
Par un suprême effort, prompt comme la pensée.
Sur les lèvres de Jean ses lèvres de vingt ans
Mirent son âme entière en un baiser passée,
Puis au bord de sa couche elle tomba glacée.
— Jean-Maurice comprit, mais il n’était plus temps.
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