Résumé

Antonine Coullet-Tessier  À sa Muse - À Diane - À la jeune fille de Mégare…

D’un céleste jardin es-tu le divin fruit ?
— J’entends le vent du soir gémir dans la verdure :
O lune large et belle au fond du ciel serein,
Aux siècles affaissés, au siècle souverain
Tu souris dans l’argent de ta fine guipure.
Inconstante au malheur, tu souriras demain...
— J’entends le vent du soir gémir dans la verdure.
Pâle reine des nuits, est-ce toi qui, le soir,
Dans ton voile léger viens sur mon front t’asseoir,
Toi dont le chaud baiser semble quelque morsure,
Est-ce toi qui frémis en un nuage noir ?...
— J’entends le vent du soir gémir dans la verdure.
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Antonine Coullet-Tessier  À sa Muse - À Diane - À la jeune fille de Mégare…

Que sous mes doigts, sans fin, tourne la roue agile...
Et la lune sourit d’un sourire incertain.
Tissez, fuseaux, tissez l’or et le blanc satin !
Que sous mes doigts, sans fin, tourne le fil docile !...
L’étoile s’est dorée. — O ma main, file, file
Ce tissu transparent comme le doux matin !
Que ce voile soit grand à remplir mes corbeilles,
Léger comme les fleurs où puisent les abeilles,
Que des ailes d’oiseaux plus frémissant encor ;
Plus doux que les ruisseaux où le zéphyr se pose,
Qu’il soit tout parfumé de lilas et de rose,
Quand on l’agitera, qu’il ait des reflets d’or !
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Antonine Coullet-Tessier  À sa Muse - À Diane - À la jeune fille de Mégare…

Dormez ! voici le soir qui voile la prairie.
Dans ce coin de rochers parfumé de sureaux,
Etendez-vous avec vos timides chevreaux...
Dormez ! voyez, pour vous, la paille fut meurtrie.
Appuyez votre front sur cette herbe fleurie
Où croissent des rosiers tout chargés de coraux.
Dormez ! la nuit descend à travers les vitraux
Des arbres verdoyans. Dormez, nymphe chérie !
La lune vous regarde avec ses grands yeux doux.
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