André Chevrillon

André Chevrillon

Résumé

Portrait de André Chevrillon André Chevrillon Dans l’Inde (1891)

On roule dans un sommeil lourd, dans une nuit épaisse où la cervelle tâtonne confusément parmi des éclairs d’angoisse, des évanouissements brusques du rêve, avec des chute subites dans du noir, et l’on se débat faiblement contre une torpeur écrasante. Puis une d’exaltation et de lièvre, une lucidité singulière de l’esprit, des souvenirs qui surgissent par files, des pans de la vie apparus tout entiers, et brusquement, autour de soi, l’étonnante nuit tropicale, large et lumineuse, d’un bleu profond d’éther entre les étoiles qui flambent au ras de l’horizon, aussi claires qu’au zénith.
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Portrait de André Chevrillon André Chevrillon Dans l’Inde (1891)

Tout alentour, le disque de la mer, d’un bleu étonnant, tout brûlant par tribord comme une plaque ardente... Rien que l’eau stérile enflammée, livrée à la fureur du soleil embrasant, du Seigneur qui, là-haut, dévore le ciel, peuple l’espace de son rayonnement, rien qu’une splendeur infinie et morne, rien que ces forces brutes, la chaleur et la lumière, rien que des choses éternelles dont l’indifférence accable.
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Portrait de André Chevrillon André Chevrillon Dans l’Inde (1891)

Tout d’un coup, ce rose a fait le tour de l’horizon, et c est comme un fluide profond et léger, d’une infinie ténuité, qui se fond délicieusement dans l’espace blanchâtre. Le bleu de l’eau apparaît, un bleu terne, neutre, chaste, qui n’est pas encore touché par le soleil. L’horizon recule, se limite, et le cercle des eaux s’élargit encore une fois dans la lumière.
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