André Chevrillon,
Dans l’Inde
(1891)
“ On roule dans un sommeil lourd, dans une nuit épaisse où la cervelle tâtonne confusément parmi des éclairs d’angoisse, des évanouissements brusques du rêve, avec des chute subites dans du noir, et l’on se débat faiblement contre une torpeur écrasante. Puis une d’exaltation et de lièvre, une lucidité singulière de l’esprit, des souvenirs qui surgissent par files, des pans de la vie apparus tout entiers, et brusquement, autour de soi, l’étonnante nuit tropicale, large et lumineuse, d’un bleu profond d’éther entre les étoiles qui flambent au ras de l’horizon, aussi claires qu’au zénith. ”
