“ Car il ne peut se faire que les mêmes étoiles s’allument et s’éteignent pour certains lieux, et non pour les autres. Il est bien reconnu cependant que les mêmes étoiles se lèvent et se couchent pour certaines parties de la terre, et nullement pour d’autres. En un mot, quelqu’autre figure que la sphérique qu’on suppose au mouvement des corps célestes, il faut que les distances de la terre au ciel et à ses parties, en quelque lieu qu’elle soit, et de quelque manière qu’elle soit située, soient inégales. ”
Citations de Almageste (Ptolémée)
“ Ils seroient loin d’y tomber, s’ils savoient que la terre, toute grosse qu’elle est, n’est pourtant qu’un point, comparativement au ciel, qui l’environne. Ils trouveroient qu’il est possible que la terre, étant un infiniment petit relativement à l’univers, soit maîtrisée de toutes parts et maintenue fixe par les efforts qu’exerce sur elle également et suivant des directions semblables, l’univers qui est infiniment plus grand qu’elle, et composé de parties semblables. ”
“ LA TERRE EST SENSIBLEMENT DE FORME SPHÉRIQUE DANS L’ENSEMBLE DE TOUTES SES PARTIES. Pour concevoir que la terre est sensiblement de forme sphérique, il suffit d’observer, que le soleil, la lune et les autres astres ne se lèvent et ne se couchent pas pour tous les habitans de la terre à-la-fois, mais d’abord pour ceux qui sont à l’orient, ensuite pour ceux qui sont à l’occident. ”
“ LA TERRE EST COMME UN POINT À L’ÉGARD DES ESPACES CÉLESTES. Les grandeurs et les distances des astres observées de quelque point que ce soit de la terre, paraissant toujours égales et semblables en tous les lieux d’où on les voit dans les mêmes instans, et les observations des mêmes étoiles, faites en différens climats, ne présentant aucune différence, il est clair qu’elle n’est sensiblement que comme un point relativement à l’espace qui s'étend jusqu’à la sphère des étoiles appelées fixes. ”
“ Car nous voyons ces astres-ci faire des mouvemens divers et inégaux entr’eux mais tous contraires au mouvement du monde, et tous vers l’orient et vers celles d’entre les étoiles fixes qui arrivent plus tard au méridien, en gardant toujours lents mêmes distances réciproques, et tournant comme entraînées par la même sphère. ”
“ Quant aux corps qu’il renferme, par une suite de leur nature, il arrive que ceux qui sont légers et subtils sont comme poussés par un vent vers le dehors et vers la circonférence et ils nous paroissent aller en haut, parce que c’est ainsi que nous appellons l’espace qui est au-dessus de nos têtes jusqu’à la surface qui nous enveloppe. ”
“ Ceux qui regardent comme un paradoxe qu’une masse comme la terre ne soit appuyée sur rien, ni emportée par aucun mouvement, me paroissent raisonner d’après les préjugés qu’ils prennent de ce qu’ils voient arriver aux petits corps autour d’eux, et non d’après ce qui est propre à l’universalité du monde, et c’est ce qui cause leur erreur. ”
“ Car si les astres nous paroissent plus grands quand ils sont dans l’horizon, ce n’est pas qu’ils soient moins éloignés de nous, mais c’est à cause de la vapeur humide qui environne la terre entre nos yeux et les astres, comme les choses plongées dans l’eau nous y paroissent d’autant plus grandes, qu’elles y sont plus profondément enfoncées. ”
“ Car elle nous ouvrira la voie aux choses divines par la connoissance que nous donnera de la force éternelle et distinguée de toute autre, le rapport qu’elle seule peut découvrir entre les substances éternelles et impassibles, et celles qui sont sensibles, mobiles et mouvantes, par les incidents, l’ordre et la disposition de leurs mouvements. Elle ne servira pas peu dans l’étude de la physique, en ce que ce qui est propre à la substance matérielle, se connoit par sa manière d’obéir aux impulsions du mouvement ; par exemple ce qui est corruptible, par le mouvement en ligne droite ”
“ Enfin une marque évidente que cela est ainsi, c’est que tous les plans qui passent par nos yeux, et que nous appelons horizons, coupent toujours la sphère céleste en deux parties égales ; ce qui ne pourroit pas se faire, si la grandeur de la terre avoit une proportion sensible avec la distance du ciel ; car alors il n’y auroit que le plan passant par le centre de la terre, qui put partager la sphère céleste en deux moitiés. ”
“ Il faut pourtant encore poser en principe que le ciel a deux mouvemens différens, l’un par lequel tout est emporté d’orient en occident dans des cercles parallèles entr’eux, décrits semblablement et avec une vitesse égale autour des pôles de la sphère qui fait cette révolution uniformément. ”
“ Telles sont, celle qui traite des choses divines, attendu qu’elles sont invisibles autant qu’incompréhensibles ; et celle qui s’occupe des choses naturelles, parce que l’instabilité de leur matière empêche de les bien connoître en sorte qu’il n’y a nulle espérance que jamais les philosophes s’accordent dans ces sciences. Les mathématiques seules donnent à ceux qui s’y appliquent avec méthode, une connoissance solide et exempte de doute, les démonstrations y procédant par les voies certaines de calcul et de mesure. ”
“ Une autre raison qui milite en faveur de l’idée de sphéricité, c’est que les instruments construits pour indiquer les heures, ne pourroient pas être justes, dans toute autre hypothèse que la nôtre seule ; c’est aussi que la révolution des corps célestes se faisant rapidement et sans obstacle, la figure la plus favorable à ce mouvement, c’est, dans les plans, le cercle, et, dans les solides, la sphère ”
“ Ce qui prouve que la première de ces trois suppositions n’est pas vraie, c’est que, si la terre étoit placée de l’un ou de l’autre côté de l’axe, ensorte que certains points de la surface terrestre fussent au-dessus ou au-dessous de cet axe, ces points n’auroient jamais d’équinoxes, s’ils avoient la sphère droite, parce qu’alors l’horizon couperoit toujours le ciel en deux parties inégales, l’une au-dessus et l’autre au-dessous de la terre. ”
“ Car tout ce qui existe, consistant dans la matière, la forme et le mouvement, quoiqu’aucune de ces trois choses ne puisse être vue, mais seulement conçue séparée des autres, dans son sujet, si l’on cherche particulièrement la cause première du mouvement primitif de l’univers, on trouvera que c’est Dieu invisible et immuable ”
“ Mais la forme qui embrasse la qualité matérielle et toujours variable, comme la blancheur, la chaleur, la doucheur, la mollesse, et autres de ce genre, s’appellera physique, la substance en étant comprise généralement parmi celles qui sont corruptibles et sublunaires. Quant à la forme expresse de la qualité, dans les espèces et les mouvemens trajectoires, la figure, la quantité, la grandeur, le lieu, le temps, et autres choses semblables, comme ce genre, est l’objet de nos recherches elle constitue la science mathématique qui tient, pour ainsi dire, le milieu entre les deux autres ”
“ S’ils disoient que l’atmosphère est emportée par la terre avec la même vitesse que celle-ci dans sa révolution, il n’en serait pas moins vrai que les corps qui y sont contenus, n’auraient pas la même vitesse. Ou s’ils en étoient entraînés comme ne faisant qu’un corps avec l’air, on n’en verroit aucun procéder ni suivre mais tous paroîtroient stationnaires ; et, soit qu’ils volassent ou qu’ils fussent lancés, aucun n’avanceroit ou ne s’écarteroit jamais ; c’est pourtant ce que nous voyons arriver, comme si le mouvement de la terre ne devoit leur causer ni retard ni accélération. ”
“ Et, généralement, si la terre n’étoit pas située dans le cercle équinoxial, mais qu’elle fût plus avancée vers l’un ou l’autre pole, soit boréal, soit austral, il arriveroit que, même sensiblement, les ombres projetées de l’orient par les gnomons, ne feroient plus, dans les équinoxes, une même ligne droite avec leurs correspondantes venant de l’occident, sur des plans parallèles à l’horizon. ”
“ On concevra donc le seul et premier mouvement, celui qui embrasse tous les autres comme circonscrit et limité par le grand cercle (le colure des solstices) , qui passe par les poles des deux cercles, emporté et emportant avec lui d’orient en occident dans ce mouvement autour des poles de l’équateur, tout le reste qui marche comme à la suite du cercle qu’on appelle méridien, lequel ne diffère du colure, qu’en ce que tout méridien ne passe pas par les poles du cercle oblique ”
“ Elle contribuera même plus que toute autre chose nous rendre meilleurs, en nous rendant plus attentifs à ce qu’il y a de bon et de beau dans les actions morales. Car la conformité que trouvent entre les choses divines et le bel ordre de ces propositions, ceux qui les étudient, les rend amoureux de cette beauté divine, et les accoutume à la prendre pour modèle de leur conduite, par une sorte d’influence qui lui assimile les facultés de l’ame. ”
“ Mais si la terre avoit un mouvement qui lui fût commun avec tous les autres corps graves, elle les précéderoit bientôt par l’effet de sa masse, et laisseroit sans autre appui que l’air, les animaux et les autres corps graves, et seroit bientôt portée hors du ciel même. ”
“ Et, pareillement, la nature a composé tous les corps terrestres et corruptibles de figures rondes, mais dont les parties ne sont point semblables, et les corps divins et aériens, de molécules sphériques et semblables. Or, si les étoiles étoient planes et comme des disques, elles ne paroîtroient pas à ceux qui les regardent en même temps de différens lieux de la terre, avoir la figure ronde. ”
“ Avant tout, il faut admettre généralement que le ciel est de forme sphérique, et qu’il se meut à la manière d’une sphère ; que la terre, par sa figure, prise dans la totalité de ses parties, est sensiblement un sphéroïde. Qu’elle est au milieu de tout le ciel, comme dans un centre ”
“ Il y a des gens qui, tout en se rendant à ces raisons, parce qu’il n’y a rien à y opposer, prétendent que rien n’empêche de supposer, par exemple, que le ciel étant immobile, la terre tourne autour de son axe, d’occident en orient en faisant cette révolution une fois par jour à très peu près ”
“ En un mot, si la terre n’occupoit pas le centre du monde l’ordre que nous voyons s’observer dans les accroissemens et décroissemens des jours et des nuits, seroit troublé et confondu. Outre que les éclipses de lune ne pourroient pas se faire pour toutes les parties du ciel, dans l’opposition diamétrale au soleil ”
“ Car, si nous leur accordions que les choses les plus légères et composées de parties les plus subtiles ne se meuvent point, ce qui serait contre nature, ou ne se meuvent pas autrement que les corps de nature contraire, tandis que ceux qui sont dans l’air, se meuvent si visiblement, avec plus de vitesse que ceux qui sont plus terrestres ”
“ Dès lors, les grandeurs et les distances les astres entr’eux ne paroîtroient pas les mêmes aux mêmes personnes en chaque révolution, puisqu’elles seroient tantôt dans un plus grand éloignement, tantôt dans un moindre ”
“ Il est vrai que, quant aux astres eux-mêmes, et en ne considérant que les phénomènes, rien n’empêche peut-être que, pour plus de simplicité, cela ne soit ainsi ; mais ces gens-là ne sentent pas combien, sous le rapport de ce qui se passe autour de nous et dans l’air, leur opinion est ridicule. ”
“ Car s’il est arrivé que la pratique soit précédée de la théorie, on ne trouvera pas entre l’une et l’autre une moins grande différence, non seulement en ce qu’il peut se rencontrer quelques-unes des vertus morales en plusieurs personnes qui n’ont rien appris, tandis que sans instruction il est impossible de rien savoir ”
“ Il est certain aussi, que la terre n’est pas un cylindre dont la surface regarde le levant et le couchant, et dont les bases soient tournées vers les poles du monde, conjecture qu’on pourroit juger plus vraisemblable ; car, si cela étoit, les habitans de la surface convexe ne verroient pas perpétuellement de certaines étoiles ”
“ Car nous trouvons que les phénomènes des éclipses, particulièrement de la lune, qui arrivent toujours dans le même temps absolu, pour tous les hommes, ne sont pourtant pas vues aux mêmes heures, relativement à celle de midi, c’est-à-dire, aux heures également éloignées du milieu du jour ”
“ Si la surface terrestre étoit concave, les habitans de ses parties occidentales seroient les premiers qui verroient les astres se lever ; si elle étoit plane, tous ses habitans ensemble et à-la-fois les verroient se lever et se coucher ”
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