Ezenn Moor

Élements biographiques

Ezenn Moor,  Brises de mer (1927)

“ Et tu viendrais, multipliant de tels assauts, Les horizons remplis de ta clameur sauvage, M'arracher cet espoir que j'ai mis en tes flots.
ISEULT
Jamais un vent pareil ne battit ce rivage.
Dans ce fracas, les éléments à l'unisson,
Et la pierre et la tuile, autant qu'un brin de paille,
Volant dans la tourmente au ciel sans horizon :
L'arbre déraciné, la toiture qui baille,
Dans l'eau qui passe en trombe, y sèment leurs débris.
TRISTAN
C'est le suprême assaut où s'épuise l'orage,
Comme un monstre frappé, jetant ses derniers cris. Je garde encor l'espoir, quand tombe ton courage.
”
Source : Gallica

Ezenn Moor,  Brises de mer (1927)

“ ISEULT
Mais vois plutôt la mer, grosse pour la nef En danger de périr, en butte à ce tangage.
TRISTAN
Garde l'espoir !
ISEULT
L'éclair !
TRISTAN
Suivi de ce coup bref ! ISEULT
Le tonnerre ! Dieu parle en son profond langage (La foule à genoux aux mêmes endroits) .
Pitié pour nos marins !
Seigneur, dans la tempête,
En ses fureurs sans freins,
Sauve, sauve leur tête,
Et nos cris entendus,
Oh qu'ils nous soient rendus !
Ne nous laisse pas seuls, épaves dans la vie,
Pour pleurer leur départ, âme trop tôt ravie.
TRISTAN
Que vienne l'accalmie avec un ciel plus clair.
”
Source : Gallica

Ezenn Moor,  Brises de mer (1927)

“ Tristan guéri, portant tout son espoir sur elle,
Et moi par eux poussée à cette extrémité,
De les haïr ! jusqu'en devenir criminelle !
Tristan dit, en secret, à mon frère au départ :
« Hisse une voile blanche ou noire à l'arrivée ; » « La blanche, Iseult à bord, l'autre, plus qu'un poignard, » « Me tuant sur le coup » Notre nef est sauvée !
Iseult s'y trouve-t-elle ? Attendons le signal !
TRISTAN
Quel serait ce navire ? et pourquoi ton silence ?
Quand l'orage s'épuise en son bruit infernal.
ISEULT
Cette nef et la nôtre ont quelque ressemblance.
”
Source : Gallica

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